Considérés comme éteints depuis 6 000 ans, deux marsupiaux « Lazarus » ont été découverts par des scientifiques en Nouvelle-Guinée (et ils sont adorables)
Deux marsupiaux que l'on croyait éteints depuis 6 000 ans ont été retrouvés vivants dans les forêts de l'ouest de la Nouvelle-Guinée. Les scientifiques parlent d’un cas incroyable de « l’espèce Lazarus »
Une découverte peut-être unique pour un zoologiste vient des forêts de l'ouest de la Nouvelle-Guinée, où un groupe de chercheurs a démontré que deux marsupiaux que l'on croyait éteints depuis des milliers d'années sont en réalité toujours en vie. L'expédition était dirigée par le scientifique australien Tim Flannery, qui a documenté la présence de ces animaux dans les forêts de la péninsule de Doberai.
Les chercheurs parlent d'un cas extraordinaire d'« espèce Lazarus », un terme utilisé en zoologie pour désigner des organismes qui disparaissent des archives fossiles et sont considérés comme éteints, pour être retrouvés vivants après une très longue période. Dans ce cas, le phénomène est encore plus surprenant : deux espèces différentes réapparaissent sur le même territoire.
L'opossum à très longs doigts utilisé pour la chasse
Le premier animal redécouvert est l’opossum pygmée à longs doigts, connu scientifiquement sous le nom de Dactylonax kambuayai. C'est un petit marsupial arboricole doté d'une caractéristique bien particulière : le quatrième orteil des pattes antérieures est beaucoup plus long que les autres.
Ce doigt fonctionne comme une sorte de sonde naturelle. L’animal l’utilise pour ramper dans les troncs d’arbres et récupérer les larves et insectes cachés dans le bois. Un comportement qui rappelle beaucoup celui du aye-aye, le curieux lémurien de Madagascar au majeur tout aussi allongé.
D'après les fossiles, cette espèce vivait il y a environ 300 000 ans en Australie, dans le centre du Queensland. Les dernières traces en Nouvelle-Guinée suggèrent une survie jusqu'à il y a environ 6 000 ans, après quoi elle a disparu de toute observation scientifique. Le tournant intervient en 2022, lorsque le naturaliste Carlos Bocos photographie un individu lors d’une expédition nature, démontrant que l’espèce n’a jamais disparu.


Un planeur mystérieux à queue préhensile
Le deuxième animal redécouvert est encore plus énigmatique. Il s'agit de Tous ayamaruensis, un petit marsupial planeur qui ressemble vaguement à un écureuil volant. Comme d’autres mammifères similaires, il peut glisser entre les arbres grâce à une membrane cutanée, mais il possède des caractéristiques uniques.
Parmi ceux-ci se distinguent des oreilles glabres et surtout une queue très préhensile, utilisée comme véritable cinquième membre pour saisir les branches. Pendant longtemps, l’espèce n’a été connue qu’à travers des fragments fossiles, décrits par le zoologiste australien Ken Aplin.
Les premières preuves de son existence sont apparues en 2015, lorsqu'un individu a été capturé près d'une rivière par un chercheur local. Peu de temps après, un autre spécimen a été photographié dans une forêt de la région. En analysant ces données, l'équipe de Flannery a découvert que ces animaux appartiennent même à un tout nouveau genre, appelé Tous.


L'une des forêts les plus riches et les moins étudiées de la planète
Les deux espèces vivent dans les forêts montagnardes de la péninsule de Doberai, au nord-ouest de la Nouvelle-Guinée indonésienne. C’est l’une des régions biologiquement les plus riches au monde, mais aussi l’une des moins explorées scientifiquement. La recherche a également été possible grâce à la collaboration avec les communautés indigènes locales, qui connaissaient déjà ces animaux. Dans certaines traditions de la région, le planeur Tous ayamaruensis est même considéré comme un animal sacré lié aux esprits des ancêtres.
Selon les scientifiques, cette découverte pourrait n’être qu’un début. Les forêts de la région sont encore en grande partie intactes, mais sont menacées par la déforestation, l'exploitation forestière et la culture du palmier à huile. En même temps, ils pourraient garder d’autres « reliques vivantes », d’anciennes espèces qui ont survécu pendant des millénaires dans l’isolement.
Source : Archives du Musée australien / Archives du Musée australien
