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Des rivières de déchets : près de 20 000 déchets collectés en un an en Italie (et 62 % de ceux trouvés dans le Pô sont du plastique)

Plus de 57 % des rivières italiennes ne sont pas dans un bon état écologique et la pollution plastique continue de croître. Rien qu'en 2025, près de 8 000 déchets ont été catalogués dans les voies navigables italiennes, dont 62 % étaient du plastique, soit un total de plus de 19 000 déchets éliminés.

Dans un pays où plus de 57 % des cours d'eau ne sont pas en bon état écologique, parler des rivières est une urgence environnementale et un enjeu sérieux qui concerne notre avenir. Et les chiffres montrent bien à quel point la situation est fragile.

Rien qu'en 2025, lors des activités de surveillance liées au projet Adopt Rivers and Lakes du WWF, des volontaires ont catalogué scientifiquement 7 895 déchets appartenant à 183 types différents. Le fleuve Pô est l'un des principaux vecteurs de transport vers l'Adriatique : sur les près de 8 000 déchets répertoriés scientifiquement dansInitiative 2025, 62 % se sont révélés être du plastique.

Le voyage du plastique dans le Pô : une grande quantité de déchets reste piégée dans le fleuve (et n'atteint jamais la mer)

Plus impressionnantes encore sont les données du nettoyage proprement dit : 19 693 déchets enlevés au total, dont environ 6 000 rien qu'à l'embouchure du fleuve Sarno, l'une des zones les plus compromises d'Italie. Sur seulement 1 000 mètres carrés, 2 173 déchets ont été enregistrés, soit près de 28 % du total catalogué. Un concentré de dégradation qui explique bien le rôle des rivières comme autoroutes de déchets vers la mer.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si environ 80 % du plastique présent dans les océans provient des cours d’eau. La Méditerranée ne fait pas exception et parmi les principaux transporteurs de déchets vers l'Adriatique se trouve le fleuve Pô, l'un des plus grands systèmes fluviaux européens.

Les rivières italiennes sont sous pression

Grâce aux activités de science citoyenneles citoyens, avec l'aide d'experts, ont catalogué 7.895 déchets, appartenant à 183 types différents, avec une nette prédominance des matières plastiques (62%).

Les catégories les plus fréquentes comprennent :

  • mégots de cigarettes (9%)
  • fragments de plastique entre 2,5 et 50 cm (7,8%)
  • bouteilles en plastique (6,6%)
  • bouteilles en verre (5,6%)

En termes absolus, en prenant en compte toutes les opérations de nettoyage, les volontaires ont enlevé 19.693 déchets, dont environ 6.000 rien qu'à l'embouchure du fleuve Sarno, l'une des zones les plus critiques du pays. Dans cette zone, dans les seules activités suivies, 2 173 déchets ont été enregistrés (soit 27,5% du total catalogué) sur une superficie de seulement 1 000 mètres carrés, confirmant la forte dégradation environnementale du bassin et le rôle du fleuve comme transporteur de déchets vers la mer.

C'est le point de départ de l'appel du WWF à l'occasion de la Journée internationale d'action pour les rivières, célébrée le 14 mars dernier. L'invitation est simple mais puissante : « adopter » un tronçon de rivière ou de lac, en contribuant à son entretien et à sa surveillance.

L'année dernière, l'initiative a mobilisé plus de 1 000 bénévoles dans toute l'Italie, conduisant à 64 interventions de nettoyage dans 14 régions, de la Lombardie à la Basilicate, de la Vénétie aux Pouilles. Pas seulement les berges des rivières : des rivières, des lacs, des fonds marins et même deux zones côtières ont été nettoyés, démontrant à quel point le problème de la pollution plastique est systémique et interconnecté.

Au cours des activités, les bénévoles ont également identifié des brides, des barrières artificielles, des rejets non autorisés et des dépôts de déchets dans 11 endroits différents, des rapports précieux pour mieux comprendre l'état réel des écosystèmes fluviaux.

L’objectif est ambitieux : régénérer la continuité fluviale et contribuer à l’objectif européen de restaurer au moins 25 000 kilomètres de rivières à leur état naturel d’ici 2030.

Les activités de surveillance ouvrent également de nouvelles voies technologiques. Sur le Tibre, par exemple, des campagnes d'échantillonnage de microplastiques ont été réalisées à l'aide de ce que l'on appelle les filets manta, des instruments scientifiques utilisés pour intercepter les plus petites particules transportées par le courant.

Mais ce n'est pas tout. Zeno, un robot sous-marin développé par le Département d'ingénierie de l'information de l'Université de Pise, a été testé dans les eaux de Desenzano del Garda. Le véhicule autonome a identifié des pneus, des objets en plastique, des pigeons d'argile et d'autres déchets immergés, en enregistrant leur position géographique et des images de haute précision.

Il s’agit de la première expérimentation de ce robot dans un lac, et les résultats montrent à quel point la technologie peut aider à identifier les déchets difficiles à atteindre pour les plongeurs.

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