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Coldiretti contre les enquêtes télévisées qui diabolisent les fermes

Ettore Prandini, président de la Coldiretti, s'en prend aux émissions d'investigation, demandant d'arrêter de « diaboliser » le secteur de l'élevage. Mais les enquêtes journalistiques ne sont pas créées pour cibler les agriculteurs, mais plutôt pour mettre en lumière les enjeux critiques d’un système qui, entre agriculture intensive, pesticides et fonds de la PAC mal répartis, a encore un long chemin à parcourir vers une véritable durabilité.

Le monde de l'agriculture et de la durabilité est au centre d'un débat houleux, déclenché par une attaque très dure du président de la Coldiretti, Ettore Prandini, contre les émissions d'investigation. Prandini a appelé à mettre fin à toute forme de « diabolisation » de certains secteurs de production, affirmant que l'élevage italien est « le plus durable au monde ».

Je pense que la saison est arrivée, Giorgia, où nous devons tous travailler ensemble pour y arriver
que toutes les formes de diabolisation envers certains secteurs de production peuvent cesser, je l'ai déjà dit, notre élevage est le plus durable au monde, mais il n'y a aucun pays au monde qui a des émissions dédiées qui continuent à rechercher le travail de nos agriculteurs, le diabolisant, l'attaquant, l'accusant, on ne sait pas pourquoi

Les critiques de Coldiretti à l'égard des enquêtes journalistiques

L'attaque d'Ettore Prandini est péremptoire : il nous demande de cesser d'attaquer et de diaboliser le travail des éleveurs italiens, souvent sans raisons claires. Le président de Coldiretti dresse un tableau dans lequel l'industrie nationale de l'élevage est à l'avant-garde de la durabilité au niveau mondial, suggérant que les enquêtes télévisées sont spécieuses ou déformées. La demande implicite est de protéger un secteur considéré comme excellent, remettant en question la liberté d'expression journalistique lorsque celle-ci affecte des intérêts consolidés.

Mais les enquêtes, réelles et professionnelles comme celles de Devinez qui vient dîner, ne sont pas créées pour attaquer le travail des individus, mais pour soulever des doutes, poser des questions et, surtout, mettre en lumière la nécessité d'un changement systémique. Il ne s'agit pas de quelques éleveurs, affirme la journaliste Sabrina Giannini, mais de tout un système qui, sous certains de ses aspects, mérite d'être examiné d'un œil critique et constructif. La diabolisation n’est pas le but, la transparence et l’amélioration le sont.

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Fermes italiennes

La déclaration selon laquelle l’élevage italien est le plus durable au monde soulève d’importantes questions. Si d'un côté l'Italie peut se targuer d'excellence et de modèles vertueux, de l'autre les enquêtes révèlent une réalité parfois très différente. Les images d’élevages intensifs, avec des conditions d’hygiène précaires ou des espaces étroits pour les animaux, ne sont pas une invention journalistique, mais une triste réalité documentée. Nous avons connu en Italie des situations pires que celles d’autres pays, à l’exception peut-être de la Chine, une référence qui n’a rien d’enviable.

La durabilité n'est pas seulement un label ou une déclaration, mais un chemin concret qui inclut le bien-être animal, le respect de l'environnement, la réduction de l'utilisation d'antibiotiques et un impact climatique réduit. Les enquêtes, en ce sens, ne font que mettre en évidence les domaines où un tel chemin est encore loin d'être achevé, stimulant ainsi la réflexion et les actions correctives nécessaires.

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Au-delà de l’image bucolique : la réalité de l’agriculture intensive

Souvent, l’imaginaire commun de l’agriculture est imprégné d’une idée « bucolique », faite d’animaux au pâturage et de fermes idylliques. Ce récit, également diffusé sur certaines chaînes de télévision, cache la dure réalité de l’élevage intensif, qui représente la majorité de la production de viande et de produits laitiers. C’est ici que se concentrent les enquêtes journalistiques, précisément parce que c’est dans ces contextes que se situent les enjeux les plus critiques en termes de bien-être animal, de gestion des déchets, d’émissions et d’impact sur la biodiversité.

Pesticides, multinationales et PAC : qui défend les petits agriculteurs ?

Le débat sur la durabilité de l’agriculture s’élargit inévitablement à celui de l’agriculture dans son ensemble, abordant des questions épineuses comme l’utilisation des pesticides. Les enquêtes révèlent que les agriculteurs eux-mêmes, souvent membres de la Coldiretti, sont les premières victimes de l'exposition à ces substances chimiques, à l'origine de maladies et de contaminations. Mais à qui profite réellement leur utilisation massive ? Certainement pas les petits agriculteurs, mais les grandes multinationales qui détiennent les brevets de ces produits, créant ainsi un système de dépendance.

C’est là qu’intervient la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne. Ces fonds, destinés à soutenir le secteur agricole, finissent souvent dans les poches des « plus puissants », des grands propriétaires fonciers et des industries agroalimentaires, au lieu d'être distribués plus équitablement aux petits agriculteurs, à ceux qui pratiquent une agriculture durable et qui représentent l'épine dorsale de notre territoire.

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Coldiretti, qui s'érige souvent en champion des agriculteurs, est interrogé justement sur ce point crucial : de quel côté est-il réellement ? Du côté de ceux qui produisent des pesticides et des propriétaires fonciers, ou de celui des petits agriculteurs qui demandent plus d’argent et moins de poisons ?

Les enquêtes journalistiques, loin d’être des outils de « diabolisation », sont plutôt un phare de transparence et un catalyseur de changement. Ils démontrent que la durabilité n’est pas une évidence, mais une recherche constante de pratiques meilleures et plus éthiques. La véritable « attaque » ne vient pas de ceux qui informent, mais de ceux qui, tout en prétendant protéger un secteur, finissent par perpétuer des systèmes qui nuisent à l'environnement, aux animaux et aux agriculteurs eux-mêmes.

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