Arsenic dans l'eau potable, les médecins de l'ISDE demandent une loi avec des limites plus strictes : qu'est-ce qui changerait ?
La demande de réduire la concentration d'arsenic autorisée dans l'eau potable revient du congrès national des Médecins pour l'Environnement. La loi proposée prévoit de passer des 10 microgrammes actuels à 5 microgrammes par litre à partir de 2028, avec un objectif de 1 microgramme à partir de 2031.
L'arsenic est un contaminant qui peut être présent naturellement dans les eaux souterraines et qui, s'il est consommé pendant des périodes prolongées, peut avoir de graves conséquences sur la santé. C'est précisément pour réduire cette exposition que l'ISDE – Médecins pour l'Environnement a demandé une nouvelle fois d'agir sur les concentrations autorisées dans l'eau potable, lors du congrès national qui s'est terminé le 25 octobre 2026 à Sansepolcro, dans la province d'Arezzo.
Antonella Litta, personne de contact nationale de l'ISDE pour les problèmes de santé liés à la pollution et à la contamination des eaux destinées à la consommation humaine, a attiré l'attention sur ce sujet. Dans son discours, il a reconstitué le chemin qui a conduit au projet de loi présenté à la Chambre par les députés Sergio Costa et Ilaria Fontana, en se concentrant sur les preuves scientifiques relatives aux effets de l'exposition chronique et sur les technologies qui pourraient aider à réduire la présence du métal dans l'eau.
L'association a réitéré qu'elle continuera à suivre le processus parlementaire afin que la mesure devienne loi. Cette demande intervient alors que la proposition, présentée en octobre 2025, est confiée à la commission des Affaires sociales, sans que son examen n'ait encore commencé.
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Que prévoit le projet de loi ?
Aujourd'hui, la valeur du paramètre exigé par la législation européenne pour l'arsenic dans l'eau destinée à la consommation humaine est de 10 microgrammes par litre (µg/L). Le projet de loi AC 2680 vise à le réduire progressivement, en introduisant deux délais.
À partir du 1er janvier 2028, la limite maximale prévue serait de 5 microgrammes par litre. À partir du 1er janvier 2031, la valeur cible pour la qualité de l’eau tomberait à 1 microgramme par litre.
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L'ISDE soutient que même les concentrations inférieures à cette valeur méritent une attention particulière, en particulier lorsque l'exposition dure de nombreuses années. L'association rappelle notamment un article scientifique signé par Antonella Litta avec ses collègues Mauro Mocci et Giovanni Ghirga, qui examine les études italiennes et internationales sur les effets de l'arsenic.
Dans la déclaration publiée en janvier 2026, l'ISDE a expliqué qu'elle soutient la proposition précisément parce qu'elle estime qu'il est nécessaire de réduire davantage l'exposition de la population. L’objectif est de renforcer la prévention, en intervenant non seulement lorsque les concentrations dépassent la limite réglementaire, mais aussi par une réduction progressive des contaminations.
Parce que l'arsenic peut être dangereux pour la santé
L'arsenic est un élément naturellement présent dans la croûte terrestre. Il peut atteindre les aquifères par le biais de processus géologiques et, dans certaines circonstances, également par l'activité humaine. Le problème concerne principalement l’arsenic inorganique, la forme la plus pertinente d’un point de vue toxicologique.
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L'Organisation mondiale de la santé (OMS) considère l'arsenic inorganique comme étant hautement toxique et reconnaît qu'une exposition prolongée par l'eau potable et les aliments constitue un problème de santé publique. Une consommation chronique peut provoquer des modifications cutanées, notamment des modifications de la pigmentation et un épaississement de la peau, et est associée à un risque accru de certains cancers, en particulier les cancers de la peau, de la vessie et du poumon.
Les preuves scientifiques indiquent également des associations possibles avec les maladies cardiovasculaires et le diabète. L’exposition pendant la grossesse et au début de la vie a également été associée à des effets négatifs sur le développement cognitif.
L'arsenic inorganique est classé par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme cancérogène pour l'homme. Cependant, le risque réel dépend de plusieurs facteurs, notamment la concentration de la substance, la durée de l'exposition et la quantité consommée. C’est particulièrement l’exposition chronique qui est préoccupante.
Technologies pour réduire l’arsenic dans l’eau
Au cours du congrès, l'ISDE a également attiré l'attention sur les technologies qui pourraient permettre de réduire les concentrations d'arsenic. Parmi celles-ci figurent les membranes poreuses hypersélectives développées dans le cadre de recherches du CNR et de l'Université de Calabre, également décrites dans une étude publiée dans la revue scientifique Eau naturelle en 2024.
La membrane serait capable de lier sélectivement l’arsenic sous ses formes trivalentes et pentavalentes. Il fonctionne à basse pression et, lors de tests effectués dans des solutions aqueuses modèles, a éliminé plus de 99 % du métal.
Le résultat est prometteur, mais il ne faut pas confondre une performance obtenue en conditions expérimentales avec la démonstration que la même efficacité est déjà garantie dans tous les aqueducs. Le même rapport de l'ISDE sur la réunion technique tenue dans la région du Latium en mars 2026 indique que des tests et des contrôles supplémentaires sur le territoire sont nécessaires, y compris sur des sites spécifiques, avant d'évaluer les délais de production et d'application à grande échelle.
Cependant, les membranes représentent une solution possible à développer et à tester, aux côtés d'autres technologies déjà utilisées pour éliminer l'arsenic et des mesures de gestion des sources d'eau.
Source : ISDE
