Ce n'est pas une utopie ! La ville à 15 minutes où les cultures sont cultivées sur les toits et où l'énergie est produite à partir des trottoirs peut réellement exister (et réduire les émissions de 98 %)
Une nouvelle façon d'imaginer la ville : près de chez soi, à l'échelle personnelle, où l'énergie propre, la nourriture et les services circulent comme un seul réseau invisible qui rassemble tout.
Depuis des années, nous entendons parler de la ville aux 15 minutes comme d’une idée presque trop belle pour être vraie. Ce rêve urbain où l'on atteint tout à pied ou à vélo, sans perdre de temps ni brûler d'essence. Mais aujourd’hui, un groupe de chercheurs de l’Université Concordia à Montréal a démontré que ce n’est plus un conte de fées pour urbanistes optimistes. Après près de dix ans d’études, il a développé un modèle capable de combiner énergie solaire, agriculture urbaine et transports électriques dans un quartier qui produit ce qu’il consomme, réduisant ainsi à presque zéro la dépendance à l’automobile.
À LIRE aussi : « Vivre mieux, vivre près », le chercheur Matteo Bruno nous emmène dans la réalité des villes du quart d'heure
Comment ça marche
Dans leur ouvrage, publié le Durabilitéles chercheurs partent d'une question simple : est-il possible de rapprocher l'essentiel du quotidien des gens, au point d'éviter des déplacements inutiles ? La réponse prend la forme d’un quartier qui semble construit avec le bon sens que nous invoquons tous lorsque nous sommes coincés dans les embouteillages.
Dans cette idée de la ville, les supermarchés et les petits marchés agricoles sont répartis dans tout le territoire afin qu'ils ne soient jamais à plus d'un kilomètre de chez soi. L’agriculture urbaine n’est plus une bizarrerie hipster, mais un réseau composé de toits cultivés, de façades végétalisées et de petits espaces inutilisés transformés en potagers. Et puis vient la partie qui intrigue tout le monde : les panneaux photovoltaïques intégrés aux trottoirs. Non seulement ils produisent de l’énergie, mais ils alimentent également des véhicules électriques qui transportent les fruits et légumes des micro-jardins jusqu’aux points de vente à proximité.
L’idée n’est pas de créer des quartiers isolés, mais des clusters connectés les uns aux autres, prêts à échanger ressources, énergies et services. Une ville qui ne se contente pas de consommer, mais qui collabore, avec le même naturel avec lequel nous échangeons aujourd'hui des messages sur le smartphone.
Le test au Canada
Pour voir si la théorie tenait la route dans la vie réelle, l’équipe a appliqué le modèle au quartier West 5 de la ville de London, en Ontario. La surprise est que non seulement cela fonctionne, mais cela fonctionne mieux que prévu.
Les surfaces cultivées – seulement une petite partie des toitures, des façades et des espaces urbains – suffiraient à rendre le quartier autosuffisant pour la production de légumes. Les émissions de carbone diminueraient de 98 %, car presque tous les moyens de transport traditionnels seraient supprimés.
Et le coût de la transition ? Voici la partie à laquelle vous ne vous attendez pas : grâce à l'énergie solaire produite directement dans le quartier, les systèmes de transport électriques seraient rentabilisés en 2,8 ans environ, l'énergie ne coûtant que 0,92 $/kWh. Dans un monde où de nombreux projets verts semblent rester suspendus entre de bonnes intentions et des choses qui ne collent pas, ce modèle montre plutôt une double durabilité : environnementale et économique.
La recherche ne s'arrête pas là. Les chercheurs souhaitent étendre l'analyse aux écoles, aux hôpitaux, aux lieux de travail et aux liaisons régionales, pour concevoir une ville qui non seulement réduit l'impact sur la planète, mais aide réellement les gens à mieux vivre : moins de stress, moins de trafic, plus de proximité, plus de temps.
Source : Université Concordia – Durabilité
