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Journée mondiale du Jaguar 2025 : pourquoi elle risque de disparaître

Le jaguar, symbole de l'Amazonie, est aujourd'hui au centre de la Journée internationale du Jaguar pour dénoncer la destruction rapide des forêts due en grande partie au système alimentaire mondial.

Journée internationale du Jaguar : pourquoi elle est pertinente aujourd'hui

La Journée internationale du Jaguar est célébrée le 29 novembre, dans le but d'attirer l'attention sur les menaces croissantes auxquelles ce prédateur emblématique de l'Amazonie est confronté chaque jour. Le Jaguar (Panthera onca) est le plus grand félin du continent américain : il peut atteindre deux mètres et demi de long et peser plus de 120 kilogrammes. C'est un carnivore polyvalent, capable de chasser des animaux très différents, des tortues aux iguanes, et parcourt des distances considérables pour localiser ses proies. Contrairement à beaucoup d’autres félins, il n’évite pas l’eau : c’est un habile nageur.

Un habitat en déclin rapide

Il est actuellement présent dans 18 pays entre l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud, où il survit dans les zones boisées, les forêts tropicales humides, les mangroves et les zones pré-montagnardes. Ces milieux sont progressivement détruits en raison de l’expansion de l’élevage intensif et de la culture du soja. La déforestation progresse à un rythme impressionnant, les écosystèmes tels que l'Amazonie, le Cerrado, le Pantanal et le Gran Chaco étant remplacés par des activités agricoles et d'élevage. L'aire de répartition historique de l'espèce est passée de 15 millions à 7 millions de kilomètres carrés.

De l'icône de la forêt au symbole de l'effondrement de la biodiversité

Le déclin du jaguar reflète l'impact du système alimentaire mondial sur les écosystèmes. En moyenne, 61 kilogrammes de soja sont consommés par an, mais la quasi-totalité est utilisée pour produire des aliments pour l'élevage. La conversion des forêts en terres agricoles pour soutenir ce système contribue de manière significative à la perte de biodiversité. La Liste rouge de l'UICN classe aujourd'hui l'espèce comme « quasi menacée » et des études montrent un déclin de la densité de population dans les zones les plus compromises.

Menaces directes et indirectes

Dans les années 1960 et 1970, le jaguar était tué pour sa fourrure, avec environ 18 000 spécimens tués chaque année. L'introduction de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES) en 1973 a contribué à réduire le phénomène, mais le braconnage continue d'être un problème, également alimenté par le marché illégal comme substitut du tigre. La pression de la chasse est aggravée par l'expansion des activités humaines qui fragmentent l'habitat, réduisent les proies sauvages et intensifient les conflits avec les communautés locales.

Chiffres actuels

Il existe actuellement environ 173 000 jaguars à l'état sauvage. L'espèce a été éradiquée d'une grande partie de son territoire historique et occupe aujourd'hui moins de la moitié de son aire de répartition d'origine. La survie à long terme nécessite des forêts étendues et intactes, essentielles au maintien de la connectivité entre les populations et à une variabilité génétique suffisante.

La valeur des écosystèmes et l’impact sur les communautés

Selon le WWF, les services écosystémiques générés par les 14 territoires prioritaires pour la conservation du jaguar en Amérique latine produisent une valeur économique annuelle estimée entre 1,5 et 4 billions de dollars, un montant supérieur aux environ 708 milliards générés par les activités économiques humaines dans les mêmes zones. Ces données mettent en évidence à quel point la protection des forêts et des espèces qui les habitent représente également un investissement concret pour les communautés locales.

L’initiative du WWF et ses objectifs futurs

Le WWF mène l'« Initiative Jaguar », une action conjointe de bureaux internationaux et de divers partenaires environnementaux, dans le but de réduire la destruction de l'habitat et de promouvoir des modèles économiques plus durables. En 2025, une nouvelle zone protégée a été créée sur le territoire du Pantanal-Chaco, qui comprend des communautés autochtones et relie plus de 12 millions d'hectares, créant ainsi la plus grande étendue continue d'aires protégées et de territoires autochtones dans cette région. Les phases suivantes impliquent le renforcement des corridors écologiques dans les zones transfrontalières entre la Colombie, l'Équateur et le Pérou, aujourd'hui parmi les plus sauvages mais aussi parmi les plus vulnérables.

La célébration de la Journée internationale du Jaguar est un rappel direct de la responsabilité collective dans la préservation de ce qui reste des forêts tropicales et dans la repensation des modes de consommation, notamment ceux liés à la production de viande. La protection de ce prédateur fait partie intégrante de la protection de la biodiversité et des équilibres naturels dont dépend également la vie humaine.

Source : WWF – Journée internationale du Jaguar

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