Le Parco degli Acquedotti devient un Lieu du Cœur et remporte l'appel d'offres de la FAI pour « renaître »
Des arcs millénaires et un projet concret : le Parco degli Acquedotti revient au centre de l'attention
Il y a un endroit à Rome où le temps n’a jamais vraiment cessé de couler. Il coule sous forme d'eau, d'arches anciennes, de promenades lentes le dimanche matin. Il s'agit du Parco degli Acquedotti, et aujourd'hui il revient au centre de l'attention car il a remporté l'appel d'offres de la FAI « Les Lieux du Cœur »obtenant des fonds importants pour son réaménagement. Mais ce ne sont pas des informations privilégiées. C'est une de ces histoires qui parlent de villes vécues, de mémoire et d'affection réelle.
Un parc non seulement vert, mais un morceau de Rome qui continue de respirer
Le Parc de l'Aqueduc est situé dans le quadrant sud-est de la capitale, entre Appio Claudio et via delle Capannelle, et fait partie du Parc Régional Appia Antica, qui avec ses 240 hectares est le plus grand espace vert urbain protégé d'Europe. Ici, archéologie monumentale et vie quotidienne cohabitent sans qu'il soit besoin d'explications.


Ici cohabitent champs ouverts, sentiers battus et vestiges monumentaux de six aqueducs romains : Anio Vetus, Aqua Marcia, Tepula, Iulia, Claudio et Anio Novus.
Ce n'est pas un parc « carte postale », mais un de ceux où l'on court, promène son chien, discute sur un banc tandis que des siècles d'histoire défilent en arrière-plan. Six des onze aqueducs de la Rome antique traversent cette zone : de l'Anio Vetus à l'Aqua Marcia, de la Tepula à l'Iulia, jusqu'au Claudio et à l'Anio Novus. Des arches immenses, des lignes puissantes, des constructions qui nous disent à quel point l'eau était grave il y a déjà deux mille ans.
À côté d'eux se trouve également l'aqueduc Felice, construit au XVIe siècle par le pape Sixte V. C'est précisément de l'une de ses branches qu'est né le lac du parc, un de ces endroits que de nombreux Romains connaissent bien mais qui figurent rarement dans les histoires officielles de la ville.


Pourquoi le parc de l'aqueduc est devenu un « lieu de cœur »
Lors du recensement FAI de 2024, la zone lacustre du Parco degli Acquedotti a recueilli 17 251 voix, se classant à la 24e place au niveau national et étant la localité romaine la plus votée. Un numéro qui ne surgit pas par hasard.
Ici, la mémoire historique n’est pas enfermée derrière une clôture. Il est traversable, quotidien, presque domestique. C'est un de ces endroits qu'on ne ressent pas le besoin d'expliquer, car il suffit d'y amener quelqu'un pour lui faire comprendre. Et c'est précisément cette relation spontanée avec le territoire qui a convaincu la FAI de soutenir le projet de réaménagement.


Le financement total est de 106 mille euros, dont 36 mille mis à disposition par la FAI et Intesa Sanpaolo, tandis que le reste provient de Roma Capitale, du Parc Appia Antica et des départements concernés.
Qu'est-ce qui va changer
Le projet de réaménagement vise à récupérer le lac, ses rives et ses vues historiques, en travaillant également sur le tracé du fossé Acqua Mariana, construit en 1122. L'idée est de rendre la zone plus lisible, plus accessible, plus stable d'un point de vue environnemental. Il n’y aura pas de transformations spectaculaires. Nous parlons de matériaux à faible impact, de sentiers simples, d'aires de repos conçues pour ceux qui utilisent réellement le parc et d'une attention portée à la biodiversité déjà existante.


Ce résultat est le fruit d’une relation longue et concrète entre les personnes et le lieu, développée sur le terrain bien avant que quiconque ne s’en aperçoive officiellement. Il y a d’abord eu l’usage quotidien, puis la demande de protection, enfin la reconnaissance. Et c’est peut-être l’aspect le plus intéressant : le Parc de l’Aqueduc n’a pas été « relancé », il a été écouté.
Source : FAI
