Mucche bloccate

Le voyage de la mort de 3000 vaches : depuis trois semaines elles sont coincées sur un bateau en Turquie, oubliées de tous

Près de 3 000 vaches se sont retrouvées bloquées sur le navire Spiridon II en Turquie, en raison du surpeuplement et du manque de nourriture. Beaucoup sont enceintes et les conditions sont extrêmes avec 58 spécimens déjà morts

Près de 3 000 vaches sont restées coincées pendant des semaines sur le navire Spiridon II, qui a quitté l'Uruguay le 20 septembre 2025. Le navire, rejeté au port de Bandirma en Turquie en raison de problèmes bureaucratiques, transportait plus de 1 400 vaches gestantes, dont beaucoup ont accouché à bord dans des conditions extrêmes. Jusqu'à présent, 58 animaux morts ont été confirmés, tandis que de nombreux veaux nouveau-nés sont portés disparus. La situation est aggravée par la surpopulation, le manque de nourriture, d'eau et de soins vétérinaires.

Une véritable urgence sanitaire

Les vaches sont obligées de survivre dans des environnements malsains, notamment des eaux usées, des carcasses en décomposition et des espaces étroits. Certains boivent la condensation des canalisations pour tenter d’étancher leur soif. La surpopulation et les naissances incontrôlées aggravent le risque de maladies zoonotiques, tandis que le navire représente un danger potentiel pour la santé publique et l'écosystème marin, car les rejets et les carcasses peuvent contaminer les eaux environnantes.

Le blocage est dû à une divergence bureaucratique entre les plaques d'identification et les documents de chargement. L'Uruguay, en tant que pays exportateur, conserve la responsabilité du bien-être animal conformément aux règles de la WOAH et au règlement européen 1/2005, tandis que les États côtiers, comme la Turquie, auraient le droit et le devoir d'intervenir conformément à la Convention UNCLOS. Jusqu’à présent, aucune mesure efficace n’a été prise, laissant des milliers d’animaux souffrir pendant plus de 60 jours.

Impacts environnementaux et climatiques

En plus de la souffrance animale, le transport génère un impact environnemental important. La décomposition des corps et des eaux usées produit du méthane et de l'ammoniac, contribuant ainsi à la pollution marine et atmosphérique. La chaîne de production animale est liée à la déforestation, à la production intensive de fourrage et à l’augmentation des émissions mondiales, accentuant la crise climatique.

Les appels des organisations de défense des droits des animaux

Les organisations européennes de défense des droits des animaux appellent à des interventions immédiates : inspection du navire, fourniture de nourriture, d'eau et d'assistance vétérinaire, débarquement partiel pour réduire la surpopulation et coordination internationale pour éviter des situations d'urgence similaires à l'avenir. L'affaire Spiridon II souligne la nécessité de mettre fin au transport d'animaux vivants par voie maritime et de réformer l'agriculture intensive, vers des pratiques plus durables et plus sûres pour les animaux, les hommes et l'environnement.

Chaque jour où le Spiridon II reste en mer est un jour de souffrance évitable. Ce ne sont pas des nombres abstraits : ce sont des êtres sensibles, capables de douleur et de peur. Leur sort nous rappelle que le système mondial de la chair privilégie le profit sur la vie et que toute institution qui reste passive devient complice. Mettre fin à cette catastrophe signifie non seulement sauver des vies, mais aussi réaffirmer la valeur éthique du respect de ceux qui ne peuvent pas se défendre.

Source : OIPA Italie / Fondation pour le bien-être animal

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