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Les scientifiques ont trouvé un moyen de recycler l'argent sans utiliser de cyanure ou d'autres substances agressives.

Une recherche européenne montre comment il est possible de récupérer l'argent des déchets en utilisant la lumière et des molécules similaires aux huiles végétales, en évitant les substances toxiques et les processus dangereux.

Il existe un métal que nous utilisons tous les jours sans nous en rendre compte. C’est dans les smartphones, les ordinateurs, les claviers, mais surtout dans les panneaux solaires, que devraient nous aider à sortir de l’ère des énergies fossiles. C'est de l'argent. Précieux, irremplaçable dans de nombreuses technologies, mais encore peu recyclé. Aujourd’hui, seul un cinquième environ de l’argent en circulation dans le monde provient de la récupération, tandis que le reste continue d’être extrait au moyen de procédés invasifs et souvent dangereux.

Mais maintenant, quelque chose est en train de changer. Des recherches viennent de Finlande qui pourraient rendre le recyclage de l’argent plus simple, plus sûr et enfin cohérent avec l’idée de transition écologique. Pas de cyanure, pas d'acides agressifs : il suffit de molécules similaires à celles des huiles végétales et d'un peu de lumière.

Comment fonctionne la nouvelle technique développée à Helsinki

Les travaux ont été coordonnés par Anže Zupanc, chercheur à l'Université d'Helsinki, qui étudie depuis longtemps des alternatives plus durables aux méthodes classiques d'extraction des métaux. L’objectif était clair : trouver un moyen de dissoudre et de récupérer l’argent sans recourir à des substances hautement toxiques, comme le cyanure, encore largement utilisé aujourd’hui dans les mines.

En laboratoire, les chercheurs ont choisi de partir d'acides gras, composés organiques présents dans de nombreuses huiles d'origine végétale. Au contact de l'argent métallique et de l'ajout de peroxyde d'hydrogène, la surface du métal s'oxyde lentement et l'argent passe en solution sous forme d'ions. Le processus se déroule dans des conditions douces, sans températures extrêmes ni réactifs dangereux, et parvient néanmoins à dissoudre des quantités importantes de métal.

Une fois dissous, l’argent se lie aux acides pour former des sels facilement séparables. En une étape simple, ces substances cristallisent et les acides non consommés peuvent être récupérés et réutilisés. C’est là que le concept d’économie circulaire cesse d’être un slogan et devient une chimie appliquée.

L’étape suivante est peut-être la plus fascinante, car elle montre à quel point le processus est éloigné de l’imaginaire industriel traditionnel. Les cristaux obtenus sont exposés à la lumière visible, celle émise par les lampes fluorescentes normales. L’énergie lumineuse est suffisante pour retransformer les ions en argent métallique pur, sous forme de particules solides.

Le peroxyde d’hydrogène utilisé au cours du processus se dégrade simplement en eau et en oxygène. Aucun déchet toxique ne reste, aucun contaminant persistant n’est produit. A terme, l'argent récupéré peut être filtré et réutilisé, tandis que les réactifs organiques deviennent disponibles pour un nouveau cycle. Il s’agit d’un système qui fonctionne comme un circuit fermé, conçu dès le départ pour réduire les déchets et les risques.

Exploitation minière urbaine

Cette technologie a également été testée sur des matériaux réels, et pas seulement sur des échantillons de laboratoire. Les chercheurs l’ont appliqué aux composants de clavier argentés, des éléments courants qui finissent facilement dans les déchets électroniques. La méthode a réussi à séparer l’argent des polymères et autres métaux présents, laissant intacte une grande partie de la structure de base.

C’est un exemple concret de minage urbain, l’idée de récupérer des matières premières précieuses à partir des produits que l’on jette, au lieu de continuer à creuser de nouvelles mines. Une approche de plus en plus nécessaire si l’on considère que de nombreux appareils électroniques ont des cycles de vie très courts et finissent dans les décharges avec encore à l’intérieur des matériaux de grande valeur.

Un autre aspect non secondaire concerne la sécurité. Les acides gras utilisés dans le processus sont biodégradables, peu acides et non volatils. Cela signifie des environnements de travail moins dangereux et des systèmes plus faciles à gérer que ceux qui utilisent des acides minéraux forts.

L’argent est l’un des piliers cachés de la transition énergétique. Les cellules photovoltaïques dépendent par exemple de pâtes conductrices riches en ce métal. Rien qu’en 2023, l’industrie solaire a utilisé plus de 190 millions d’onces d’argent, une quantité en constante augmentation. Avec l’électrification des transports, des industries et des infrastructures, la pression sur les ressources va continuer de croître. Le recyclage de l’argent ne remplacera pas complètement l’exploitation minière, mais il peut réduire son impact en récupérant le métal actuellement perdu dans les déchets.

Si cette technologie est adaptée à l’échelle industrielle, chaque appareil arrivant en fin de vie pourrait devenir une petite mine urbaine. Moins de fouilles, moins de substances toxiques, moins de risques pour les collectivités et l'environnement. L'étude a été publiée dans la revue Journal de génie chimique et représente une étape concrète vers une industrie des matériaux plus conforme aux promesses de durabilité.

Source : Journal de génie chimique

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