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Nous avons perdu près de la moitié du récif corallien des Caraïbes en moins de 50 ans, rapport choc

La couverture corallienne des Caraïbes a diminué de 48 % depuis 1980, tandis que celle des macroalgues a augmenté de 85 % au cours de la même période : ce sont les tristes résultats de surveillance rapportés dans le nouveau rapport du Global Coral Reef Monitoring Network (GCMRN). Le changement climatique pèse lourdement sur cette situation

Le changement climatique pèse comme un rocher sur la barrière de corail des Caraïbes : la couverture des coraux a en effet diminué de 48 % depuis 1980, tandis que celle des macroalgues a augmenté de 85 % sur la même période : ce sont les tristes résultats de la surveillance rapportés dans le nouveau rapport de Réseau mondial de surveillance des récifs coralliens (GCMRN).

Le GCMRN est un réseau opérationnel deInitiative internationale sur les récifs coralliens (ICRI), et a constaté que ces changements environnementaux sont en grande partie dus au stress thermique, à la surpêche et aux maladies induites par le changement climatique.

Risques pour l'environnement et la santé

Les résultats du suivi montrent notamment que la couverture de coraux durs a diminué de 48 % de 1980 à 2024, ce qui signifie que cette espèce occupe désormais la moitié de la couverture benthique qu'elle occupait en 1980. Et l'on tient compte du fait que les récifs soumis à ces contrôles couvrent 24 230 km², soit 9,7 % de l'extension globale des récifs coralliens.

La diminution a culminé en 1998 (-9,0 %), une en 2005 (-17,1 %) et une autre en 2023 (-16,9 %), en raison d'événements de blanchiment induits par le stress thermique. En fait, la population de coraux durs est passée d’espèces ramifiées à des espèces plus massives, réduisant ainsi la complexité structurelle des récifs coralliens des Caraïbes.

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La couverture de macroalgues a quant à elle augmenté de 85 % entre 1980 et 2024 en raison du déclin des espèces herbivores (par exemple les poissons-perroquets et les oursins) et de l’augmentation des nutriments. Et tout cela alors que la température moyenne de la surface de la mer dans les zones de récifs coralliens des Caraïbes a augmenté de +1,07 °C entre 1985 et 2024, en raison du changement climatique, avec un taux de réchauffement de +0,27 °C par décennie.

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Le nombre de personnes dans les Caraïbes vivant à moins de 20 km des récifs coralliens a augmenté de 27,6 % entre 2000 et 2020 au niveau régional, soit une augmentation de 13 millions de personnes.

Comme le rapporte le GCRNM, les récifs coralliens génèrent 6,2 milliards de dollars par an dans les Caraïbes, le tourisme lié aux récifs représentant 23 % des dépenses touristiques globales et plus de 10 % du produit intérieur brut (PIB) de la région.

Avec la dégradation, leur capacité à fournir de la nourriture et à protéger les côtes des tempêtes et des ouragans est compromise. Le nombre de personnes vivant à moins de 20 km des récifs coralliens a augmenté de 27,6 % depuis 2000 (13 millions de personnes supplémentaires), ce qui a non seulement accru les pressions, mais aussi la dépendance à l'égard de ces systèmes, augmentant le nombre de personnes à risque en raison de la réduction

Pouvons-nous encore faire quelque chose ?

Malgré l’ampleur du déclin, le rapport met en évidence des preuves de reprise lorsque les pressions locales sont gérées efficacement. Les récifs coralliens protégés ou bien gérés présentent une plus grande couverture corallienne, une plus grande biodiversité et une plus grande résilience au stress thermique.

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Le rapport présente également cinq recommandations prioritaires à l'intention des gouvernements, des partenaires et du secteur privé pour renforcer la résilience des récifs coralliens et protéger les moyens de subsistance côtiers :

  1. intégrer les récifs coralliens dans les stratégies nationales sur le climat et la biodiversité, y compris les objectifs des récifs coralliens dans les contributions déterminées au niveau national (NDC), les plans nationaux d'adaptation (PAN) et les stratégies et plans d'action nationaux pour la biodiversité (SPANB) ;
  2. réduire les émissions de gaz à effet de serre, améliorer la qualité de l'eau et réduire les pressions locales, notamment en réglementant le développement côtier, en gérant la pêche et en luttant contre la pollution ;
  3. élargir et renforcer la gestion territoriale, en soutenant des aires marines protégées (AMP), d'autres mesures de conservation territoriales efficaces (OECM) et des zones marines gérées localement (LMMA), et en identifiant des « points d'espoir » résilients ;
  4. maintenir et améliorer la surveillance des récifs coralliens en normalisant les protocoles régionaux et en encourageant les principes de données ouvertes, interopérables et reproductibles ;
  5. Soutenez la restauration évolutive des récifs coralliens en intégrant des génotypes thermotolérants et des modèles de financement innovants.

Vouloir, c’est pouvoir, à condition que l’homme comprenne que perpétuer des politiques néfastes à l’environnement et au climat nous porte préjudice.

Tous les résultats sont disponibles sur ce lien.

Source : Réseau mondial de surveillance des récifs coralliens

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