Sans sols sains, il n'y a pas d'avenir : des solutions pour les sauver de la pollution et de la surconstruction

Sans sols sains, il n'y a pas d'avenir : des solutions pour les sauver de la pollution et de la surconstruction

La Journée mondiale des sols est célébrée le 5 décembre 2025, sur le thème « Des sols sains pour des villes saines » : données alarmantes sur la consommation et le ciment en Italie et solutions urbaines innovantes, de l'étanchéité aux toits verts

« Des sols sains pour des villes saines » : tel est le thème choisi par la FAO pour la Journée mondiale des sols 2025, célébrée le 5 décembre. Sous les rues, les parkings et les bâtiments se trouvent des sols capables de filtrer l’eau, d’accumuler du carbone, de réguler les températures et de soutenir la biodiversité. Lorsqu’il est recouvert de béton, il cesse de le faire, augmentant ainsi les risques d’inondations, d’îlots de chaleur et de pertes de vies animales et végétales. Une ville sans sol est une ville plus vulnérable.

Italie, alarme de consommation des terres

Selon le rapport ISPRA-SNPA « Consommation des terres, dynamiques territoriales et services écosystémiques », en 2024 près de 84 km² ont été transformés en surfaces artificialisées, avec une consommation nette de 78 km², la plus élevée de la décennie (+15,6 % par rapport à 2023). 7,17 % du territoire national est désormais imperméabilisé, contre une moyenne européenne de 4,4 %. Le WWF Italie rapporte : 20 hectares sont perdus par jour entre le béton et l'asphalte. Les zones côtières et les plaines sont les plus touchées, tandis que dans les villes les îlots de chaleur dépassent les 10°C. Les quartiers avec plus de 50 % de couverture arborée ont enregistré des températures inférieures de plus de 2°C, démontrant à quel point la verdure urbaine est vitale.

Aires protégées : des barrières fragiles

Les espaces protégés perdent environ 81 hectares par an, +16 % par rapport à 2023. Le réseau Natura 2000 suit des tendances similaires. Le WWF souligne l'urgence du 30×30 et d'une loi nationale qui arrête la consommation des terres et favorise la récupération et la régénération des zones dégradées. La directrice générale Alessandra Prampolini prévient : « La consommation des terres est la véritable urgence de notre pays et doit devenir une priorité stratégique qui ne peut plus être reportée ».

Innovation urbaine : descellement, toits verts et villes éponges

La Journée mondiale des sols 2025 accorde une attention particulière aux sols urbains, mettant en avant des initiatives vertueuses qui ramènent le foncier au centre de la ville.

Des pratiques telles que le descellement (enlèvement de l’asphalte et du béton), les toits verts et le modèle des « villes éponges » changent déjà le visage de nombreuses villes à travers le monde.

À Strasbourg, le projet PerméaSol compense toute nouvelle couverture du sol par des interventions de décantation ailleurs. À Paris, la Coulée verte René-Dumont et à New York la High Line ont transformé des voies ferrées désaffectées en parcs linéaires, créant des habitats pour les insectes et les oiseaux et réduisant les îlots de chaleur. En Chine, des villes éponges comme Shanghai et Wuhan expérimentent des systèmes de jardins pluviaux, des toits verts et des trottoirs perméables pour absorber jusqu'à 70 % de l'eau de pluie d'ici 2030. Ces exemples montrent que la restauration de la fonction naturelle des sols dans les villes produit des bénéfices mesurables sur la biodiversité, la résilience urbaine et la qualité de vie.

Sols urbains : contamination et biodiversité

Les sols des villes sont souvent contaminés par des métaux lourds (cuivre, zinc, plomb, mercure) et des hydrocarbures, compactés par les infrastructures, mais conservent des niveaux surprenants de biodiversité. Des études réalisées à Berlin et à New York montrent que les toits verts et les parcs urbains abritent une biomasse microbienne élevée et des collemboles, de petits invertébrés qui vivent dans la couche superficielle du sol et aident à décomposer la matière organique, à recycler les nutriments et à améliorer la structure du sol, jusqu'à 1,6 fois plus nombreux que dans les environnements agricoles, confirmant que le sol urbain est un refuge biologique précieux.

La Directive européenne 2025/2360, publiée au Journal officiel de l'Union européenne le 26 novembre 2025, introduit pour la première fois un cadre réglementaire unitaire dédié à la surveillance des sols, de leur résilience et à la gestion des sites contaminés. Cette loi européenne établit des principes clairs pour améliorer la santé des sols, empêcher une consommation accrue et encourager les interventions de restauration, représentant un outil essentiel pour des villes plus vertes et plus durables. Avec la loi de restauration, elle introduit des principes d'atténuation de la consommation des terres, de restauration des zones dégradées et de déshydratation urbaine. Régénérer les espaces verts, créer des infrastructures vertes multifonctionnelles et planifier des villes résilientes sont des outils concrets pour réduire les risques d'inondation, de chaleur et de perte de biodiversité, et pour redonner de la vitalité aux sols urbains.

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