Que se passe-t-il aux loups de Trentin? 10 morts en seulement un mois!

Loup retrouvé décapité et sans pattes ni queue au Tyrol du Sud : voici le visage brutal du braconnage

La découverte d'un loup décapité dans le parc Fanes-Sennes-Braies met en évidence l'escalade du braconnage après le déclassement de l'espèce. L'Enpa et le LAV réclament des sanctions plus sévères et des interventions urgentes

Un nouvel épisode de violences contre la faune sauvage secoue le Haut Adige : dans le Parc Naturel de Fanes-Sennes-Braies un loup sauvagement mutilé a été retrouvé, privé de tête, de pattes et de queue, probablement pour en faire un trophée. Un acte de cruauté qui, selon les associations et les forces de l'ordre, représente une véritable « signature » des braconniers, de plus en plus audacieux après le récent déclassement du loup d'espèce particulièrement protégée à simplement protégée.

Selon l'Enpa, cette horreur est la démonstration concrète de la façon dont l'assouplissement des protections a été interprété par les franges les plus dangereuses comme un feu vert implicite. Un « tout libre » qui n'a aucun fondement juridique, mais qui alimente les actes criminels contre une espèce déjà sous pression. L'association dénonce le caractère « ridicule » des sanctions actuelles prévues à l'article 727 bis et plaide pour l'instauration d'un véritable délit pénal, avec des peines d'emprisonnement et de lourdes amendes pour ceux qui tuent des animaux protégés.

Enquêtes, perquisitions et arsenal illégal

L’horrible découverte a déclenché des contrôles intenses. Suite à une perquisition, un homme du Val Badia a été signalé : des armes sophistiquées, des optiques thermiques, des silencieux et des cartouches prêtes à l'emploi ont été trouvées dans sa voiture. En outre, trois spécimens tués de crave des Alpes ont été trouvés dans son écurie, ainsi que des peaux d'ongulés présentant des blessures compatibles avec les armes à feu, attribuables aux activités de braconnage.

Un territoire transformé en « far west »

LAV dénonce un climat désormais incontrôlable, un territoire où prolifèrent les auto-justiciers et où l'administration provinciale, écrasée par les revendications des agriculteurs, a contribué à créer le contexte qui rend aujourd'hui possibles de telles atrocités. Les associations soulignent également que dans la province, il a même été établi que la gestion des loups devrait être basée presque exclusivement sur l'abattage, plutôt que sur des systèmes de prévention.

Face à un scénario de plus en plus inquiétant, les organisations de défense des droits des animaux demandent une position claire et des mesures concrètes : renforcement des contrôles, coordination continue entre les carabiniers et le corps forestier, et surtout une intervention du ministère de l'Environnement et du ministère de la Justice. Sans un durcissement des sanctions et un changement de direction politique, préviennent-ils, d'autres animaux risquent de devenir victimes de la violence d'une minorité criminelle.

Source : ENPA/LAV

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