Trump tourne le dos à la planète : les États-Unis se retirent du traité climatique de l'ONU (et de plus de 60 organisations)
Dans un mémorandum présidentiel, Trump annonce qu'il se retire de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ainsi que 66 autres organisations, agences et commissions, les qualifiant de « contraires aux intérêts des États-Unis ».
Au nom de la « souveraineté nationale » et de son rejet catégorique des politiques climatiques jugées « radicales », Trump dit adieu – dans un mémorandum présidentiel – àUne Convention-cadre sur les changements climatiques (CCNUCC), la Convention-cadre sur les changements climatiques signée en 1992 à Rio et 66 autres organisations internationales (dont le GIEC, le groupe d'experts intergouvernemental sur le changement climatique).
Un coup fatal qui intervient après la sortie de l'Accord de Paris et la lourde absence d'une délégation américaine aux négociations sur le climat de la dernière COP30 (et après avoir régulièrement ridiculisé la science du climat en la qualifiant d'« arnaque » et de « canular »), au moment précis où les pays sont confrontés à des crises économiques, environnementales et climatiques interconnectées et sans précédent.
« La crise climatique est un canular » : le show de Trump à l'ONU (et notre fact-checking point par point)
Le président Trump est clair – déclare le secrétaire d’État Marco Rubio. Il n’est plus acceptable de donner le sang, la sueur et les ressources économiques du peuple américain à ces institutions, sans rien ou presque en retour. Beaucoup de ces organismes promeuvent des politiques climatiques radicales, une gouvernance mondiale et des programmes idéologiques qui entrent en conflit avec la souveraineté et la force économique des États-Unis.
La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qu'est-ce que c'est
Il s'agit d'un traité international qui définit le cadre juridique des négociations internationales visant à lutter contre le changement climatique, constituant ainsi la base de la coopération internationale pour faire face à la crise climatique.
Adopté lors de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (CNUED) à Rio de Janeiro en 1992, il est entré en vigueur le 21 mars 1994, après avoir été ratifié par plus de 50 pays (le Sénat américain a ratifié le traité en octobre 1992). L’objectif principal est de parvenir à stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre à un niveau qui évite toute interférence avec le système climatique.
La convention confère davantage de responsabilités aux pays développés dans la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Les pays en développement, même s’ils ont moins de responsabilités, doivent néanmoins participer aux efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique.


Que se passe-t-il maintenant
Le traité de la CCNUCC ayant été ratifié par le Sénat, il n’est pas clair si Trump peut l’annuler unilatéralement, ou si un futur président peut réintégrer le cadre sans un nouveau vote du Sénat.
Pendant ce temps, Simon Stiell, chef du climat de l’ONU et secrétaire exécutif de la CCNUCC, a décrit cette décision comme un « objectif colossal » :
Alors que toutes les autres nations avancent ensemble, ce dernier pas en arrière par rapport au leadership mondial, à la coopération climatique et à la science ne peut que nuire à l’économie, à l’emploi et au niveau de vie des États-Unis, alors que les incendies de forêt, les inondations, les méga-tempêtes et les sécheresses s’aggravent rapidement. Il s’agit d’un objectif colossal qui rendra les États-Unis moins sûrs et moins prospères.
Parmi les autres organisations et agences dont les États-Unis quitteront également, citons l'UICN, le Carbon Free Energy Compact, l'Université des Nations Unies, le Comité consultatif international du coton, l'Organisation internationale des bois tropicaux, le Partenariat pour la coopération atlantique, l'Institut panaméricain de géographie et d'histoire, la Fédération internationale des conseils des arts et des agences culturelles et le Groupe d'étude international sur le plomb et le zinc.
5 choses auxquelles nous devrions nous attendre
- Un isolement diplomatique sans précédent : quitter la CCNUCC, c’est s’exclure de la grande table mondiale sur le climat. Les États-Unis perdraient leur poids dans les négociations sur les règles, le financement, l’adaptation et la transition énergétique, laissant ainsi la place à l’UE et à la Chine.
- Attaque directe contre la science : quitter le GIEC équivaut à rejeter le consensus scientifique international, à affaiblir la crédibilité des États-Unis et à ouvrir la voie à des politiques fondées sur l'idéologie et non sur les données.
- Dommages économiques nationaux : alors que les assureurs et les investisseurs fuient les zones les plus durement touchées par des événements extrêmes, cela exacerbe les risques pour le logement, l'agriculture et les infrastructures aux États-Unis.
- Avantage concurrentiel perdu : abandonner les organisations axées sur les énergies renouvelables et la coopération climatique signifie renoncer au leadership technologique, aux investissements et aux emplois verts, au profit des concurrents mondiaux.
- Un dangereux précédent : remettre en question un traité ratifié par le Sénat crée un vide institutionnel qui pourrait compromettre pendant des années la participation américaine à la gouvernance climatique, même avec les futurs présidents. Et cela est tout à fait logique, compte tenu de l’ampleur de la puissance américaine.
Et pour nous ? La sortie des États de la CCNUCC et d’autres organisations n’est pas seulement un acte symbolique, mais constitue une rupture profonde, claire et délibérée, avec la coopération internationale, la science et la protection des citoyens. En pratique, cela signifiera un ralentissement drastique de l’action mondiale contre la crise climatique : sans l’implication des États-Unis, l’un des plus grands émetteurs historiques de gaz à effet de serre, il deviendra plus difficile de réduire les émissions de manière coordonnée et d’atteindre les objectifs de maîtrise du réchauffement climatique. Cela augmente la probabilité de dépasser les seuils climatiques critiques, avec davantage de vagues de chaleur, de sécheresses, d’incendies, d’inondations et de pertes irréversibles d’écosystèmes.
Et le signal politique est tout aussi grave : il légitime l’inaction des autres pays et affaiblit la coopération internationale alors que le temps presse pour éviter les pires scénarios.
