La COP30 commence au milieu d’absences majeures : Trump et les dirigeants des pays les plus polluants désertent (et Meloni est également porté disparu)
Alors que les dirigeants européens se réunissent à la COP30 pour discuter de l'atténuation du changement climatique et du financement des pays en développement, les plus grands pollueurs du monde ne mettront pas les pieds au sommet annuel des Nations Unies sur le climat qui s'est ouvert aujourd'hui dans la ville brésilienne de Belém.
L'année dernière à Bakou, l'absence de von der Leyer et d'Emmanuel Macron a pesé lourd, mais aussi de Joe Biden qui s'apprêtait à mettre fin à son mandat de président des Etats-Unis. De même, la 30ème Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques, qui s'ouvre aujourd'hui en Amazonie, sera également caractérisée par trois grands absents : les plus grands pollueurs du monde, à savoir les États-Unis, la Chine et l'Inde, ne seront pas présents avec leurs plus hautes autorités.
Et notre Premier ministre ? Eh bien, elle n'est pas arrivée non plus.
Climat en danger : la COP29 sans les dirigeants qu'ils servent dans l'année la plus chaude de tous les temps – greenMe
Et ainsi, pour changer, la COP de Belém, à l'orée de la plus grande forêt tropicale humide du monde, lève elle aussi le rideau dans un climat d'incertitude croissante et de réel ralentissement de la coopération internationale sur la crise climatique. Justement ce dont nous n'avons pas besoin pour relancer notre fortune.
Pékin sera représenté par le vice-Premier ministre Ding Xuexiang, New Delhi par son ambassadeur au Brésil, alors que Washington n'a envoyé aucun délégué. Selon les données 2024 du Centre commun de recherche de l’UE, la Chine, les États-Unis et l’Inde sont responsables de près de 50 % des émissions mondiales, tandis que l’UE n’y contribue qu’à hauteur de 5,9 %.
Et l'Italie ?
L'Italie participe à la COP30 avec le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani et le ministère de l'Environnement et du Développement économique, intervenant lors de divers événements tant au sein du Pavillon italien qu'au sein du Hub Villes et Régions, dont MASE est sponsor cette année.
La présidente Meloni a décidé de ne pas participer à la COP30, déléguant Tajani pour la représenter : un choix qui démontre clairement le manque d'attention de l'exécutif face à l'une des urgences les plus graves de notre époque, déclare la directrice de Greenpeace Italie, Chiara Campione.
Selon Campione, le ministre a revendiqué un accord européen qui en réalité «c'est un retour en arrière : un plan faible, basé sur des astuces comptables et sur des mécanismes qui permettent de déplacer une partie des réductions d'émissions hors de l'Union« . Un accord qui, au fond, au lieu de répondre d'urgence à la crise climatique, finit par offrir de nouvelles failles à l'industrie des énergies fossiles et retarde une fois de plus les choix courageux nécessaires. »
Greenpeace rappelle également les propos du secrétaire général de l'ONU, António Guterres, qui a averti que le non-respect de la limite de 1,5°C représente un «échec moral et négligence mortellee », et attaque également le «la rhétorique de l'attentisme climatique« , ce qui – explique Greenpeace – « utilise l’énergie nucléaire et d’autres pseudo-solutions comme alibis pour ne pas changer de cap et maintenir le pays ancré dans les combustibles fossiles. Les propos de Tajani semblent avoir été écrits par Eni plutôt que par un représentant des institutions».
Financer la transition, programmes COP
Parallèlement, les programmes d’action de la COP reposent sur des engagements volontaires plutôt que sur des lois contraignantes. Mais l’ampleur du changement nécessaire est énorme : au moins 1 300 milliards de dollars d’investissements climatiques chaque année d’ici 2035.
Sans action urgente, les scientifiques préviennent que les températures mondiales pourraient augmenter entre 2,3°C et 2,8°C d’ici la fin du siècle, rendant de vastes régions inhabitables en raison des inondations, de la chaleur extrême et de l’effondrement des écosystèmes.
Au centre des pourparlers de Belém se trouvera le Rapport sur la feuille de route Bakou-Belém pour 1,3 billion de dollarspréparé par les présidences des COP29 et COP30, qui définit cinq priorités pour la mobilisation des ressources, notamment le renforcement de six fonds multilatéraux pour le climat, le renforcement de la coopération en matière de taxation des activités polluantes et la conversion de la dette souveraine en investissements climatiques, une mesure qui pourrait débloquer jusqu'à 100 milliards de dollars pour les pays en développement.
Le rapport appelle également au démantèlement des obstacles tels que les clauses des traités d’investissement qui permettent aux entreprises de poursuivre les gouvernements en justice pour leurs politiques climatiques. Ces conflits ont déjà coûté aux gouvernements 83 milliards de dollars dans 349 cas.
Un autre objectif clé pour Belém est la dernière série de contributions déterminées au niveau national (NDC), des plans nationaux sur le climat qui décrivent comment les pays envisagent de réduire leurs émissions. Pour maintenir le réchauffement en dessous de 1,5°C, les émissions mondiales doivent diminuer de 60 % d’ici 2030. Les CDN actuelles ne permettraient qu’une réduction de 10 %.
Sur les 196 parties à l’Accord de Paris, seules 64 avaient soumis des CDN mises à jour à la fin septembre. Les délégués devront également approuver 100 indicateurs mondiaux pour suivre les progrès en matière d'adaptation au climat, rendant les résultats mesurables et comparables entre les pays. Aujourd’hui, 172 pays disposent d’au moins une politique ou un plan d’adaptation, même si 36 d’entre eux sont obsolètes. Les nouveaux indicateurs devraient contribuer à définir des politiques plus transparentes et plus efficaces.
Alors que la planète se réchauffe plus rapidement que jamais, l’adaptation est désormais un pilier central de l’action climatique. Mais le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) prévient que le financement de l'adaptation doit être multiplié par douze d'ici 2035 pour répondre aux besoins des pays en développement.
La COP30 fera également progresser le programme de travail sur une transition juste afin de garantir que les mesures climatiques n’exacerbent pas les inégalités. Mais le fait qu’il n’y ait pas de gros pollueurs, eh bien, c’est déjà une grande et grave inégalité.
Sources : COP30/ONU/Ministère des Affaires étrangères/Greenpeace
