Ai, le « génial » chimpanzé qui savait compter et dessiner (et a réussi à s'échapper d'une cage), est décédé
Ai, le « brillant » chimpanzé de Kyoto, est décédée à l'âge de 49 ans : elle savait reconnaître les chiffres, les couleurs, voire les dessins virtuels
Ai, le « brillant » chimpanzé, est décédé à l'âge de 49 ans au Japon des suites d'une défaillance multiviscérale et de troubles liés à l'âge. Originaire d'Afrique de l'Ouest et transféré à l'Université de Kyoto en 1977, Ai a été le protagoniste de certaines des premières études scientifiques japonaises consacrées à l'esprit des primates non humains. Dès son plus jeune âge, l'animal a démontré des capacités extraordinaires : il a reconnu plus de 100 caractères chinois, l'alphabet anglais, les chiffres de zéro à neuf et même onze couleurs.
Il connectait des symboles et des objets réels
Des études menées par le primatologue Tetsuro Matsuzawa ont montré comment Ai était capable de relier des symboles et des objets réels. Dans une expérience, on a montré au chimpanzé le caractère chinois pour la couleur rose à côté d'un carré rose et violet, et le chimpanzé a correctement choisi le carré correspondant.
Dans un autre test, lorsqu'on lui a montré une pomme, elle a reproduit la forme à l'aide d'un cercle, d'un rectangle et d'un point, créant ainsi une sorte de « pomme virtuelle ». Ces capacités cognitives ont fait d’Ai un personnage central dans la compréhension de la mémoire, de la perception et de l’apprentissage symbolique chez les primates.
S'échapper de la cage
Ai n'était pas seulement un singe brillant, mais aussi curieux et déterminé. En 1989, elle a réussi à s'échapper de la cage avec un autre spécimen, en utilisant une clé pour ouvrir la serrure, un exploit qui a démontré son intelligence pratique et son ingéniosité. En 2000, elle donne naissance à Ayumu, dont le talent confirme encore une fois l'intérêt des scientifiques pour le transfert de connaissances entre générations de chimpanzés.
Au cours de sa vie, Ai a participé à des centaines d’expériences avec des claviers connectés à des ordinateurs, contribuant ainsi à définir un cadre expérimental fondamental pour comprendre l’esprit des primates. Ses résultats ont été publiés dans des revues scientifiques prestigieuses, mais elle doit sa popularité aux médias qui l'ont surnommée « génie » pour ses capacités. En 2017, à l'occasion du 40e anniversaire du projet, Jane Goodall a reçu un foulard inspiré d'une de ses créations.
Une vie passée loin de son habitat
Mais sa vie nous rappelle également la dure réalité de la vie en captivité. Bien qu'il ait énormément contribué à notre connaissance des primates, Ai, dans la forêt africaine dont il est issu. Loin de la liberté et des rythmes naturels, elle a passé près de cinq décennies entre expérimentations et cages, un prix très élevé pour la connaissance humaine.
