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Ce n'est pas un pays pour les personnes handicapées : seule une capitale italienne sur trois a un plan pour éliminer les barrières architecturales

Les actes quotidiens comme prendre un bus ou entrer dans un bureau restent encore difficiles pour de nombreuses personnes handicapées, malgré le fait que des lois existent depuis près de 40 ans. Les PEBA, outils fondamentaux pour éliminer les barrières architecturales, ont été adoptés par seulement un tiers des capitales italiennes. Voici les résultats du suivi de l'Association Luca Coscioni

Monter dans un bus ou dans n'importe quel transport en commun, traverser la rue, entrer dans un bureau, sont des gestes quotidiens que nous tenons pour acquis, mais qui pour de nombreuses personnes handicapées restent encore aujourd'hui des obstacles concrets, faits de marches, de trottoirs impraticables et de services inaccessibles.

Pourtant, en Italie, les règles existent depuis des décennies. Déjà avec la loi 41 de 1986, les communes étaient appelées à se doter de PEBA, Plans d'élimination des barrières architecturales, outils fondamentaux pour rendre les espaces publics véritablement inclusifs. Un engagement qui aurait dû transformer les villes en lieux accessibles à tous.

La réalité raconte cependant une autre histoire. Près de quarante ans plus tard, la mise en œuvre de ces plans reste encore partielle et inégale. Selon une enquête de l'association Luca Coscioni, seul un tiers des capitales italiennes ont adopté un PEBA. Un chiffre qui met en évidence un retard structurel et une nette distance entre ce qui est prévu par les lois et ce qui se passe dans la vie quotidienne.

Que sont les PEBA

Il s'agit de plans d'élimination des barrières architecturales, d'outils conçus pour cartographier les obstacles et planifier des interventions concrètes, afin de rendre les espaces et les bâtiments publics utilisables par tous, sans exclusions.

Introduits déjà en 1986 et renforcés quelques années plus tard avec l'extension aux espaces urbains (prévue par la loi 41/1986, avec la loi 104/1992, l'extension aux espaces urbains a été établie), ces plans représentent une boussole pour les administrations : ils identifient les barrières présentes sur le territoire, les classent par priorité et proposent des solutions, des délais et des coûts pour les éliminer.

Pourtant, malgré l'obligation établie par la loi, toutes les communes italiennes ne se sont pas dotées de cet outil. Pour comprendre où nous en sommes réellement, un Observatoire du PEBA a été lancé dans les 119 chefs-lieux de province.

peba Plans pour l'élimination des barrières architecturalespeba Plans pour l'élimination des barrières architecturales

Le rapport

Du suivi des 118 communes de la capitale (à l'exclusion de Rome, où la responsabilité incombe aux municipalités), en février 2026, il ressort que :

  • 43 municipalités (36,4%) ont approuvé un PEBA avec une résolution du conseil municipal, comme l'exige la loi. Les régions à capitales multiples comprennent la Toscane (7 communes sur 11), l'Émilie-Romagne (5 communes sur 10), la Lombardie (5 communes sur 12) et le Piémont (4 communes sur 8). Milan, Florence, Venise, L'Aquila, Potenza, Campobasso et Trente font partie des capitales régionales incluses dans ce calcul.
  • 16 communes (13,6%) disposent d'un PEBA non encore approuvé par le Conseil ou ont adopté des outils d'urbanisme alternatifs, non prévus par la législation
  • 25 Communes (21,2%) sont en phase d’élaboration du PEBA
  • 34 communes (28,8%) sont sans PEBA ou avec des informations indisponibles/insuffisantes. Parmi les régions qui comptent le plus de capitales dans cette catégorie, on trouve la Sardaigne (7 communes sur 12), la Calabre (4 communes sur 5), la Lombardie (4 capitales sur 12) et la Sicile (4 communes sur 9), tandis que les capitales comprennent Naples, Bari et Cagliari.
  • Rome représente un cas particulier : l'Association a transmis l'accès aux documents aux 15 municipalités, recevant des réponses de seulement 4, mais aucune d'entre elles ne s'est encore conformée.

Quarante ans après la loi instituant le PEBA, l'Italie accuse toujours un retard considérable dans le respect des droits liés à l'accessibilité et à l'élimination des barrières physiques et sensorielles, estime l'Association.

La réalité reste, en fait, une seule : une ville n’est pas véritablement une ville si elle n’est pas accessible à tous. Et tant qu’un seul pas, une porte fermée ou un bus inaccessible continueront à exclure quelqu’un, ce ne sera pas un problème technique, mais une responsabilité collective que nous ne pouvons plus nous permettre d’ignorer.

Vous trouverez ICI toutes les données capitale par capitale.

Source : Association Luca Coscioni

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