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De l'eau à la qualité de l'air : 6 nouvelles procédures d'infraction arrivent de l'UE contre l'Italie

La Commission européenne a lancé une nouvelle série d'infractions contre l'Italie pour non-respect, entre autres, des règles sur l'eau, la qualité de l'air et les obligations de reporting environnemental.

L'Union européenne a lancé une nouvelle série d'infractions contre l'Italie, avec six nouvelles procédures impliquant différents secteurs. La moitié sont liées à l’environnement.

Parmi ceux-ci figurent en effet les violations liées à la Directive Cadre sur l'Eau, le manque de révision du Plan National pour la Qualité de l'Air et les obligations de reporting sur le bruit ambiant.

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Un dossier particulièrement sensible pour l'Italie, qui a déjà dû faire face par le passé à des amendes de plus de 800 millions d'euros en raison de différends avec Bruxelles.

Voici en détail les principales questions soulevées par la Commission européenne et l'impact économique de ces infractions.

1. Directive cadre sur l’eau : concessions sans révision périodique

La Commission européenne a reproché à l'Italie de ne pas se conformer à la directive-cadre sur l'eau (2000/60/CE), un pilier de la législation environnementale qui oblige les États membres à garantir la protection et l'amélioration de la qualité de l'eau. En particulier, l'Italie n'a pas mis en place un système adéquat d'enregistrement des permis de prélèvement et de stockage des ressources en eau et n'a pas prévu de révision périodique des concessions, qui peut durer jusqu'à 30 ou 40 ans.

Selon Bruxelles, la législation italienne ne garantit pas que les programmes de mesures qui doivent être mis en œuvre pour garantir le bon état écologique et chimique des rivières, des lacs et des eaux souterraines soient systématiquement mis à jour et surveillés. L'absence d'un mécanisme d'examen périodique des concessions empêche une gestion adéquate et responsable des ressources en eau.

Rome dispose d'un délai de deux mois pour répondre et prendre les mesures correctives nécessaires. Si elle n’apporte pas de réponse satisfaisante, la procédure pourra se poursuivre, avec le risque d’un renvoi devant la Cour de Justice de l’Union européenne.

2. Qualité de l'air : plan national non actualisé

Le deuxième front concerne l’absence de révision du plan national de contrôle de la pollution atmosphérique, comme l’exige la directive NEC (UE 2016/2284). La Commission accuse l'Italie de , malgré la directive exigeant un réexamen tous les quatre ans. Le plan est essentiel pour réduire les émissions de polluants atmosphériques clés tels que les oxydes d’azote, les particules fines et l’ammoniac, et doit définir des mesures visant à réduire la pollution dans des secteurs critiques tels que les transports, l’industrie, l’agriculture et le chauffage domestique.

Cette infraction est particulièrement pertinente pour l'Italie, qui possède l'une des régions où la qualité de l'air est la plus mauvaise d'Europe : la vallée du Pô. Le retard dans la mise à jour du plan aggrave une situation déjà critique, avec des répercussions négatives sur la santé publique et l'environnement. Dans ce cas également, Rome dispose d'un délai de deux mois pour répondre, sous peine d'aggraver la procédure.

3. Obligations de communication et bruit ambiant

La troisième procédure concerne la non-application de la directive (UE) 2024/2839, qui modifie et simplifie les obligations de communication dans divers domaines, notamment les émissions sonores dans l'environnement. La directive concerne notamment le bruit produit par les machines et équipements destinés à fonctionner en extérieur, comme l'exige le règlement 2000/14/CE. L'objectif de la directive est de réduire les charges administratives sans abaisser les niveaux de protection de l'environnement.

L'Italie, selon la Commission, n'a pas notifié les mesures nationales transposant la directive ou ne l'a fait que partiellement. Rome dispose désormais de deux mois pour remédier à cette violation. Dans le cas contraire, l'infraction pourrait évoluer vers une phase plus grave du litige.

Les nouvelles procédures d'infraction s'ajoutent à une série d'autres impliquant notre pays et ayant un impact économique significatif. Selon les données mises à jour jusqu'en décembre 2025, l'Italie est impliquée dans 69 procédures d'infraction, dont 24 dans le domaine environnemental. Ces dernières années, ces infractions ont déjà donné lieu au paiement de plus de 800 millions d'euros d'amendes, notamment pour des questions liées à la gestion des déchets et au traitement des eaux usées urbaines.

La non-application de la réglementation européenne a donc non seulement un impact sur l'environnement et la santé des citoyens, mais également sur les finances publiques, avec le risque de devoir supporter des coûts supplémentaires résultant de nouvelles infractions.

Source : Commission européenne

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