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Garder des primates comme animaux de compagnie est interdit au Royaume-Uni à partir d'avril (mais 5 000 spécimens risquent d'être tués)

À partir du 6 avril 2026, le Royaume-Uni interdira la détention de primates comme animaux de compagnie. Une loi créée pour les protéger fait douter : sans sanctuaires et sans transition, le risque est l'effet inverse

À partir du 6 avril 2026, il ne sera plus possible de garder des primates comme animaux de compagnie au Royaume-Uni, du moins en pratique. Les nouvelles mesures signées par le gouvernement introduisent un système de licences avec des normes de bien-être comparables à celles des zoos, rendant de fait impossible la détention privée. Un tournant qui concernerait jusqu'à 5 000 animaux, selon les estimations officielles.

L’objectif affiché : plus de protection

Le gouvernement britannique considère cette réforme comme une étape décisive vers l'amélioration du bien-être animal. Les primates sont des animaux intelligents, sociaux et complexes dont les besoins ne peuvent être satisfaits dans un environnement domestique. Le ministre de la Protection des animaux, Lord Douglas-Miller, a souligné que ceux qui ne respecteraient pas les nouveaux critères s'exposeraient à des amendes illimitées, voire à l'emprisonnement, et au retrait des animaux qui pourraient être saisis. Une position également soutenue par la RSPCA, selon laquelle assurer des soins adéquats aux singes et autres primates au sein du foyer est «pratiquement impossible».

Des données qui inquiètent

Pourtant, quelques semaines après l’entrée en vigueur de la loi, des questions cruciales évidentes surgissent. Selon l'organisation Born Free, seules trois demandes de licence ont été déposées en Angleterre en près d'un an. Un nombre négligeable par rapport à l’ampleur réelle du phénomène, qui risque de laisser des centaines d’animaux illégalement avec des conséquences directes sur leur avenir. Le problème n’est pas seulement réglementaire, mais structurel : les sanctuaires et centres de récupération sont déjà à leurs limites, et il manque des plans concrets pour accueillir les animaux saisis.

Le risque d’une protection uniquement formelle

Ici surgit la contradiction la plus forte. Si d’un côté il est juste de dire que les primates, de l’autre une loi qui n’apporte pas de solutions réalistes risque de se transformer en une condamnation indirecte des animaux qu’elle voudrait protéger, jusqu’à l’hypothèse extrême de l’euthanasie.

Être contre cette mesure, telle qu’elle est, ce n’est pas défendre la captivité. C’est demander une transition responsable, basée sur l’information, la progressivité et des investissements réels. Les primates ne devraient être ni des animaux de compagnie, ni des victimes collatérales d’une loi incomplète. La véritable protection vient de la reconnaissance du fait qu'il s'agit d'animaux sauvages, nés pour vivre libres, et non simplement « mieux entretenus ».

Source : GOV.UK / Born Free

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