La Colombie se déclare le premier pays d'Amazonie totalement exempt d'activités pétrolières et minières
Dans une décision sans précédent annoncée lors de la COP30 récemment conclue, le gouvernement colombien a déclaré toute la région amazonienne du pays zone franche pétrolière et minière.
Elle couvre 42 % du territoire colombien, représente 7 % de la forêt amazonienne totale et a la même taille que la Suède. Et maintenant, il est libéré de toute future extraction de pétrole et de minéraux. Nous sommes en Colombie et ici, le gouvernement vient d'annoncer qu'il n'approuvera plus de nouveaux projets pétroliers ou d'extraction à grande échelle dans son biome amazonien.
Selon une déclaration du ministère de l'Environnement ces derniers jours, en effet, toute l'Amazonie colombienne sera destinée à devenir une réserve de ressources naturelles renouvelables.
Résultat historique en Colombie : le taux de déforestation le plus bas enregistré ces 23 dernières années !
Cette déclaration est un engagement éthique et scientifique. Il vise à prévenir la dégradation des forêts, la contamination des rivières et la perte de biodiversité qui menacent l'équilibre climatique du continent, a déclaré la ministre par intérim de l'Environnement, Irene Vélez Torres, lors d'une réunion des ministres de l'Organisation du Traité de coopération amazonienne, dans le cadre de la COP30, le sommet de l'ONU sur le climat qui a eu lieu à Belém, au Brésil.
🗞️ #Communique | A la COP30 le ministre(e) @IreneVelezT annonce que notre pays est le premier pays de la région à déclarer l'ensemble de l'Amazonie comme zone de réserve de ressources naturelles, exempte d'activités minières et d'hydrocarbures à grande échelle.
Avec cette moyenne de… pic.twitter.com/Jmcavfr4DE
– MinAmbiente Colombie (@MinAmbienteCo) 13 novembre 2025
Il a également appelé les autres pays amazoniens à adopter des protections similaires, soulignant que la Colombie ne contrôle que 7 % du biome amazonien. En Amazonie, 871 blocs pétroliers et gaziers couvrent une superficie environ deux fois plus grande que la France. 68% des blocs sont encore en phase d'étude ou d'appel d'offres.
Tandis que la Colombie ralentit, le Brésil et d’autres accélèrent vers de nouveaux forages
Malgré les récents progrès dans la lutte contre la déforestation, le Brésil – qui détient près de 60 % de l’ensemble de l’Amazonie – a emprunté un chemin contradictoire au cours des douze derniers mois. Le gouvernement a en effet vendu aux enchères plusieurs blocs pétroliers à proximité des territoires indigènes et autorisé de nouveaux forages offshore à l'embouchure du fleuve Amazone, une zone écologiquement extrêmement sensible.
Mais d'autres pays amazoniens poussent également l'accélérateur des hydrocarbures : au Pérou, les autorités tentent d'attirer des entreprises étrangères pour réactiver la production du Lot 192, l'un des plus grands sites pétroliers d'Amazonie, au nord du pays.
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En Équateur, le gouvernement prévoit de mettre aux enchères 49 projets pétroliers et gaziers, d'une valeur de plus de 47 milliards de dollars, ignorant les vives protestations des communautés locales et des écologistes.
La Colombie, quant à elle, prend le chemin inverse. Selon le ministère de l'Environnement, 43 blocs pétroliers et 286 claims miniers n'ont pas encore commencé leurs travaux, et une nouvelle mesure empêchera ces projets d'avancer.
María Soledad Hernández, coordinatrice du programme de durabilité de l'Institut amazonien de recherche scientifique, basé en Colombie, rappelle également les enjeux :
Les générations futures doivent pouvoir retrouver la nature saine, telle que nous l’avons connue. Parler de conservation ne signifie pas renoncer à l’utilisation des ressources. La conservation signifie être durable, responsable et mener des activités en équilibre et en harmonie avec la nature.
Une déclaration forte, surtout à l'heure où l'Amazonie – déjà dévastée par les incendies, la déforestation et le changement climatique – risque de devenir de plus en plus une terre de conquête pour l'industrie pétrolière. La ligne de la Colombie représente un exemple de vision à long terme. D’autres pays suivront-ils ou continueront-ils à sacrifier le poumon vert de la planète pour un profit immédiat ?
Source : Gouvernement colombien
