La fin tragique de Division, la rare baleine noire, décédée après s'être empêtrée dans des engins de pêche
Division, une jeune baleine noire de l'Atlantique Nord, est morte après s'être empêtrée dans des engins de pêche. Une affaire qui ravive l'alarme sur la survie de l'une des espèces marines les plus rares à observer et les plus menacées au monde
La baleine noire de l'Atlantique Nord, l'une des espèces marines les plus menacées au monde, revient sur le devant de la scène après la mort de Division, un jeune mâle de quatre ans seulement, retrouvé sans vie le 27 janvier au large des côtes de Caroline du Nord. Son décès est le premier cas de 2026 attribué avec certitude au fait de s'être empêtré dans des engins de pêche, phénomène malheureusement récurrent pour cette espèce.
La division était connue des scientifiques et des programmes de surveillance depuis des années. L'animal avait été aperçu à plusieurs reprises entre la côte est des États-Unis et le golfe du Saint-Laurent, une zone d'alimentation majeure pour les baleines noires de l'Atlantique Nord. Début décembre, il aurait eu des cordes de pêche enroulées autour de sa tête et de sa bouche, une condition qui limite les mouvements, rend difficile l'alimentation et provoque de profondes blessures.
Tentatives de sauvetage
Les équipes de secours sont intervenues malgré des conditions météorologiques difficiles et l'éloignement des côtes. Une partie du matériel a été retirée, mais il n’a pas été possible de libérer complètement l’animal. Au cours des jours suivants, Division a été observé dans un état d'affaiblissement progressif, jusqu'à ce qu'il soit aperçu vivant pour la dernière fois le 21 janvier. Selon les experts, le fait d'être empêtré pendant une longue période a gravement compromis sa santé.
Une espèce en danger critique d’extinction
La NOAA et les instituts de recherche estiment la population mondiale de baleines noires de l'Atlantique Nord à environ 380 à 384 individus, avec moins de 70 femelles reproductrices actives. Chaque perte a donc un impact énorme sur la survie de l’espèce. Les collisions avec les navires et les interactions avec les engins de pêche restent les principales causes de mortalité.
Selon les organisations de protection des mammifères marins, le cas de Division démontre que le sauvetage seul ne suffit pas. Des outils et des technologies existent pour réduire le risque d'emmêlement, tels que les systèmes de pêche à la ligne courte ou sans corde, mais leur adoption reste limitée. Tout retard dans l'application de ces mesures entraîne de nouvelles pertes.
Un fragile signe d’espoir
Malgré ce tableau critique, certains signes positifs émergent. Depuis le début de la saison de reproduction en novembre, 21 nouvelles naissances ont été enregistrées, soit presque le double par rapport à l'année précédente. Un fait qui nourrit l’espoir, mais qui ne suffit pas à compenser un taux de mortalité encore trop élevé.
Source : IFAW / NOAA Pêches
