La Terre perd son bouclier climatique (et les microplastiques en sont la cause)
Les microplastiques pourraient compromettre la capacité des océans à absorber le dioxyde de carbone, selon une nouvelle étude
On les trouve désormais dans tous les environnements, y compris les eaux profondes des océans, les sources d’eau douce, l’atmosphère, le sol, les glaces arctiques et même dans le corps humain. Les microplastiques, ces minuscules particules de plastique mesurant moins de 5 mm, sont plus répandues qu’on ne le pense et il est désormais clair qu’elles représentent une menace importante pour l’environnement.
Ils transportent des toxines qui sont ingérées par les organismes vivants, dont les humains, provoquant diverses maladies, perturbant les écosystèmes, mettant en danger la vie aquatique et réduisant la fertilité des sols. Mais que savons-nous de leur impact sur les écosystèmes marins ?
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C'est ce que tente de comprendre une étude qui vient de paraître dans le Journal of Hazardous Materials : Plastics, selon laquelle les microplastiques altèrent la séquestration naturelle du carbone dans les écosystèmes marins en influençant le phytoplancton et le zooplancton, agents clés du cycle du carbone.
L'étude
Les microplastiques sont largement reconnus comme polluants, mais l'étude montre qu'ils interfèrent également avec la capacité de l'océan à absorber le dioxyde de carbone.
Les microplastiques perturbent la vie marine, affaiblissent la « pompe à carbone biologique » et libèrent même des gaz à effet de serre à mesure qu'ils se dégradent – explique Ihsanullah Obaidullah, professeur agrégé de technologies intégrées de traitement de l'eau à l'Université de Sharjah et auteur correspondant de l'étude. Au fil du temps, ces changements pourraient entraîner un réchauffement des océans, une acidification et une perte de biodiversité, menaçant ainsi la sécurité alimentaire et les communautés côtières du monde entier.
Le pompage biologique du carbone – le processus qui transfère le carbone de l’atmosphère vers les couches profondes de la mer – est le principal mécanisme reliant les microplastiques au réchauffement climatique et au changement climatique, selon l’étude. Les microplastiques interfèrent avec ce processus en réduisant la photosynthèse du phytoplancton et en altérant le métabolisme du zooplancton, notent les auteurs.


Les océans constituent le plus grand puits de carbone de la Terre, mais les microplastiques sapent ce bouclier naturel contre le changement climatique.
Plus de 10 millions de tonnes de déchets plastiques pénètrent dans les océans chaque année, dont 99 % sont principalement constitués de fibres provenant de tissus et de vêtements qui coulent dans les profondeurs océaniques. Les microplastiques à eux seuls peuvent être toxiques pour la vie en haute mer, mais ils peuvent également transférer d'autres polluants nocifs tels que les PFAS et les métaux lourds, ce qui en fait un « multistress » environnemental pouvant affecter l'ensemble de la chaîne alimentaire.
L’impact des (microplastiques) sur la santé des océans, notamment en ce qui concerne le réchauffement et l’acidification potentiels des océans, reste un sujet de préoccupation ; Cependant, la littérature existante présente des lacunes importantes dans les méthodologies de calcul ou de prévision de ces impacts, mettant en évidence des pistes importantes pour les recherches futures, conclut l'étude.
