Adieu les PFAS : la technologie italienne qui promet de les éliminer à jamais a été présentée à Ecomondo
Une nouvelle technologie a été présentée à Ecomondo, développée par Acque del Chiampo et K-INN Tech, qui dégrade les PFAS, les « produits chimiques éternels » responsables de la pollution de l'eau (et pas seulement)
Ils sont surnommés «produits chimiques pour toujours« car, une fois dispersés dans l'environnement, ils ne se dégradent pratiquement jamais. Nous parlons évidemment de PFAS (substances perfluoroalkylées) qui s'accumulent dans l'eau, le sol et les organismes vivants, entrant dans la chaîne alimentaire et provoquant des effets potentiellement nocifs sur la santé humaine et les écosystèmes.
Depuis des années, les scientifiques et les institutions du monde entier recherchent des solutions efficaces pour les éliminer à la racine, et pas seulement pour les filtrer ou les isoler. Alors que les systèmes traditionnels au charbon actif ou à osmose inverse parviennent à retenir une partie des PFAS, le véritable objectif de la recherche aujourd’hui est leur dégradation complète, c’est-à-dire la rupture des liaisons chimiques qui les rendent si persistants.
Et c’est précisément dans cette voie que s’insère un projet italien qui a retenu l’attention à Ecomondo 2025, le salon international dédié à la transition écologique. Il s'agit d'une technologie innovante capable de dégrader les PFAS dans les lixiviats de décharge, développée par Acque del Chiampo en collaboration avec K-INN Tech, une spin-off de l'Université de Padoue.
Le système, en phase de brevetage, a été présenté sur le stand de Viveracqua, le consortium qui rassemble les 12 gestionnaires publics de l'eau de Vénétie, avec la collaboration d'Utilitalia, la fédération des entreprises italiennes de services publics.
La technologie a également reçu une importante reconnaissance nationale : le Certificat de Bonnes Pratiques Territoriales pour une Italie plus Durable de l'ASviS (Alliance Italienne pour le Développement Durable), le réseau qui coordonne plus de 300 entités engagées dans la mise en œuvre de l'Agenda 2030 des Nations Unies.
En tant qu'agrégation de gestionnaires publics, nous pensons que la plus grande valeur d'expériences comme celle-ci réside dans la capacité à mettre les résultats à la disposition d'autres territoires – a commenté Monica Manto, présidente de Viveracqua -. La sécurité de l’eau est un processus complexe qui nécessite une vision à long terme, une continuité et une responsabilité partagée.
Comment fonctionne la nouvelle technologie qui « détruit » les PFAS
Le cœur de cette solution est un brûleur expérimental à haut rendement, développé par les chercheurs de K-INN Tech. Grâce à un processus thermique contrôlé, le système parvient à rompre les liaisons chimiques qui rendent les PFAS pratiquement indestructibles, conduisant à leur minéralisation. En pratique, les substances sont décomposées en éléments stables et non toxiques, avec un rendement moyen de 95 %.
Contrairement aux techniques conventionnelles qui piègent simplement les PFAS dans les filtres, ce processus les détruit, les empêchant ainsi d'être rejetés dans l'environnement. Il s’agit d’un grand pas en avant vers un avenir dans lequel les produits chimiques pourront enfin devenir pour toujours un simple souvenir.
Depuis quelques années, nous travaillons pour parvenir à une dégradation totale et non partielle – explique Micol Della Zassa, PDG de K-INN Tech –. Cette technologie représente une étape importante et une base solide à partir de laquelle construire de nouvelles améliorations des processus.


À la recherche de solutions contre les PFAS
Le projet est né d'un engagement pluriannuel d'Acque del Chiampo, qui depuis 2013 – année où est apparu le grave problème de pollution par les PFAS dans la région de Vicence – a investi plus de 37 millions d'euros pour la sécurité et l'extension des réseaux d'eau, en plus de la filtration au charbon actif.
Aujourd'hui, grâce à ces recherches, l'entreprise vénitienne ouvre une nouvelle phase, celle de la valorisation proprement dite, en ligne avec les objectifs européens de réduction de la pollution et de protection des ressources en eau.
Nous devons penser non seulement au présent, mais aussi au futur – souligne Andrea Chiorboli, directeur général d'Acque del Chiampo –. Aujourd'hui, dans la vitrine internationale d'Ecomondo, nous proposons une technologie que nous souhaitons poursuivre la mise en œuvre, en impliquant des institutions, des organismes de recherche et des investisseurs.
L’expérimentation représente également un exemple concret de collaboration vertueuse entre public et privé, qui allie expertise scientifique et responsabilité environnementale.
Cette technologie est le résultat d'un chemin partagé et représente un signe d'espoir pour ceux qui doivent aujourd'hui affronter le drame des PFAS – a rappelé Renzo Marcigaglia, président d'Acque del Chiampo –. Ce n'est que le début d'un chemin que nous voulons poursuivre ensemble, pour parvenir à l'élimination définitive de ces substances dangereuses.
Avec la présentation de cette technologie prometteuse, Ecomondo s'affirme une fois de plus comme la vitrine idéale des innovations alliant recherche, durabilité et protection de l'environnement, proposant des solutions concrètes contre la pollution PFAS.
Source : K-inntech / Acque del Chiampo
