Carcasses de porcelets, rats et saletés dans un élevage porcin de la région de Mantoue : les marques impliquées dans l'enquête de Greenpeace
La nouvelle enquête de Greenpeace nous montre une réalité effrayante que beaucoup ne connaissent pas encore (ou préfèrent ne pas voir) : ce qui se passe dans les élevages porcins intensifs en Italie
Des carcasses de porcelets laissées pourrir, des animaux blessés et négligés, des rats se déplaçant librement entre les cages, de la saleté répandue et des enclos exigus sans aucune lumière naturelle. C'est la réalité dramatique documentée par Greenpeace dans un élevage intensif de porcs à Roncoferraro, dans la province de Mantoue.
Nous parlons de l'élevage de l'entreprise La Pellegrina, propriété du groupe Veronesi qui, comme l'écrit Greenpeace :
Il ne s'agit pas d'une petite entreprise inconnue, mais d'un véritable géant du secteur, propriétaire de marques connues comme AIA, Negroni et Wudy, avec un chiffre d'affaires annuel de plusieurs milliards.
Une fois de plus, nous nous trouvons face à une enquête qui ouvre un aperçu de ce qui reste trop souvent caché dans l'élevage intensif : de véritables « usines de viande » où s'effondre l'image rassurante du Made in Italy, révélant un quotidien fait de cruauté, de négligence systématique et de souffrance silencieuse des animaux.
L'enquête
Les images diffusées par Greenpeace racontent un véritable enfer. Dans les porcheries, les rats courent librement, les porcelets morts laissés entre les barreaux, les excréments et la saleté s'accumulent sans aucune intervention. Quelques petits cadavres gisent là où les truies viennent de perdre leurs petits : des détails glaçants qui mettent en lumière une réalité d’abandon et de cruauté systématique.


La présence de rongeurs n'est pas un simple problème d'hygiène : chaque goutte d'urine, chaque excrément ou carcasse représente un véhicule de maladies dangereuses comme la salmonellose, la leptospirose et la toxoplasmose. Les aliments peuvent être contaminés, les canalisations endommagées et les porcs eux-mêmes exposés à des risques très graves. Une dégradation sanitaire qui ne devrait pas exister dans un pays civilisé.
Les truies montrent alors des corps dévastés avec des plaies ouvertes, des lacérations profondes, des prolapsus utérins laissés sans traitement, résultat de cages exiguës où elles ne peuvent même pas se retourner. Des restes de queues coupées témoignent de mutilations pratiquées pour contenir le stress des animaux, tandis que des porcelets morts restent abandonnés pendant des heures, invisibles aux yeux de ceux qui devraient s'en occuper.


Comme si cela ne suffisait pas, Greenpeace a également documenté la présence de médicaments hormonaux comme l'ocytocine, administrée pour accélérer l'accouchement et stimuler la production de lait, et des anti-inflammatoires génériques (kétoprofène). Ils ne sont pas interdits, mais leur présence donne une image de maladie et de souffrance chroniques.
Et comme symbole de négligence générale, il existe aussi des gants abandonnés dans les maternités qui témoignent de l’incapacité à appliquer des protocoles minimaux de sécurité et d’hygiène. Chaque détail témoigne d’un système malade, où la vie des animaux ne vaut vraiment rien.
Non seulement la souffrance animale mais aussi le risque environnemental
La dégradation ne s'arrête pas à l'intérieur de la ferme. Des images aériennes montrent des fuites d’eaux usées provenant du système d’élimination des déchets : un mélange d’excréments et d’urine déversé directement sur le terrain de l’entreprise. Une catastrophe environnementale annoncée, qui pourrait polluer les terres et les aquifères à quelques kilomètres de zones de grande valeur naturaliste comme la Zone Spéciale de Conservation de Vallazza, le long de la rivière Mincio.
Une fois de plus, la logique du profit l’emporte sur celle de la protection de l’environnement et de la santé publique. Et la ferme La Pellegrina n’est que la pointe de l’iceberg d’un système pourri.
Comme le rappelle Greenpeace :
La plainte qui nous a été adressée, et que nous avons pu vérifier de manière indépendante en consultant des experts juridiques et vétérinaires, n'est malheureusement pas un cas isolé. Elle fait partie intégrante d'un système non durable – celui de l'agriculture intensive – basé sur un mécanisme d'hyperproduction qui sert à soutenir une consommation excessive de viande, enrichit les grandes marques, écrase les petites entreprises, pollue les zones de production et met en danger la santé de ceux qui y vivent et la sécurité alimentaire de nous tous.
Un projet de loi pour dire ça suffit
Greenpeace et d'autres associations ont lancé le projet de loi « Au-delà de l'élevage intensif », qui vise à réduire le nombre d'animaux élevés en Italie, stopper l'expansion des « usines de viande » et encourager une transition écologique vers des modèles durables et respectueux des animaux. Une proposition qui attend toujours d'être discutée au Parlement. Et pendant ce temps, chaque jour, des millions d’animaux continuent de vivre et de mourir dans des conditions inacceptables.


Est-ce fabriqué en Italie ? La question est inévitable. Face à ces images, il devient difficile de parler d'excellence, de qualité ou de tradition. Derrière les marques que nous connaissons tous, se cache trop souvent une horreur systémique.
ICI vous pouvez trouver le rapport complet.
Source : Paix verte
