Le mystérieux voyage de 3I/ATLAS continue d'étonner : le premier signal radio de l'objet interstellaire a été détecté
Le radiotélescope MeerKAT intercepte la première trace radio de 3I/ATLAS, fournissant de nouveaux indices sur cet énigmatique objet interstellaire qui passionne les scientifiques
Depuis que 3I/ATLAS a fait irruption dans notre système solaire en juillet dernier, les astronomes ne l'ont pas quitté des yeux. C'est une de ces présences qui viennent de l'extérieur, traversent notre maison comme si de rien n'était et, au moment où nous nous habituons à l'idée, elles nous réservent une autre surprise. La dernière en date est venue d'Afrique du Sud, où le radiotélescope MeerKAT, avec sa parabole de 13,5 mètres, a capté la première trace radio associée à ce qui semble être une comète interstellaire.
Pas de flashs, pas de signaux « venant d'on ne sait où » comme dans les films. La découverte, intervenue le 24 octobre 2025 après deux tentatives infructueuses, est bien plus sobre et à la fois plus intrigante : une absorption radio, une sorte d'empreinte laissée entre 1,665 et 1,667 GHz.
Un détail technique pour ceux qui observent l’espace, mais un indice fondamental sur ce qu’est réellement 3I/ATLAS.
La signature des hydroxyles, le débat sur la nature de l'objet et cette insistance du mystère
La détection est due à l'équipe dirigée par le professeur DJ Pisano de l'Université du Cap, soutenue par Avi Loeb, un nom bien connu parmi ceux qui oscillent entre l'astrophysique et les théories alternatives. Selon les chercheurs, l'absorption enregistrée par MeerKAT est compatible avec la présence de radicaux OH, ces fragments moléculaires qui se forment lorsque l'eau rencontre la lumière du soleil.
C’est là que l’histoire s’éclaire, car 3I/ATLAS est un objet qui échappe encore aux définitions. D’un côté, il y a ceux qui la considèrent comme une comète interstellaire ; de l’autre, ceux qui continuent à ne pas exclure une origine plus « construite », peut-être artificielle. Aucune confirmation, bien entendu, juste une invitation à ne pas prendre pour acquis ce qui traverse l’espace lointain.
La présence d’hydroxyles nous apprend cependant quelque chose de très terrestre : la glace réagit au rayonnement solaire. Une caractéristique bien plus proche d’une comète que d’un objet inerte ou métallique.
A bord de ce détail, les astronomes ont également pu estimer la température de surface : autour de –43 °C. Un givre qui préserve les matières volatiles, qui pourraient être libérées au fur et à mesure que l'objet poursuit son approche vers le Soleil. Au moment de la mesure, elle se trouvait à 1,38 fois la distance Terre-Soleil, une zone dans laquelle la chaleur commence à se faire sentir, même pour un voyageur interstellaire.
L’image qui se dessine est celle d’un corps qui n’est pas n’importe quelle roche, mais un mélange fragile et sensible à la lumière, comme s’il portait un bagage de matières prêtes à se transformer.
La pensée se dirige inévitablement vers le signal Wow !
Il est une dernière coïncidence qui continue de hanter 3I/ATLAS : sa trajectoire semble pointer vers la même région d'où, en 1977, le célèbre Wow ! le signal est arrivé, cette impulsion radio qui divise les sceptiques et les rêveurs depuis des décennies.
Personne ne dit que les deux sont liés, mais la question reste là, tenace, comme le font souvent les meilleures questions. Les astronomes espèrent que dans les semaines à venir, la sonde Juno, autour de Jupiter, sera capable de scanner des fréquences plus basses et de collecter des données que MeerKAT ne peut pas intercepter depuis le sol.
Pour l'instant, nous le savons : 3I/ATLAS a parlé, à sa manière. Et la communauté scientifique s’apprête à l’écouter à nouveau.
Source : astronomestelegram.org
