Avez-vous déjà vu l'œil du Sahara ? La mystérieuse structure circulaire est visible depuis les satellites – voici à quoi elle ressemble
En Mauritanie se trouve l'une des formations les plus surprenantes de la Terre : la structure Richat, un anneau naturel colossal visible même depuis les satellites Copernic.
Au centre du Sahara, parmi les dunes de Mauritanie, se cache l'une des merveilles géologiques les plus énigmatiques de la planète : la structure Richat, également connue sous le nom d'Œil du Sahara ou d'Œil de l'Afrique. Vu d’en haut, il apparaît comme une énorme spirale dans le désert, si parfaite qu’elle semble artificielle. Mais cette formation d'environ 40 à 50 kilomètres de diamètre est tout à fait naturelle, comme le confirme l'image satellite acquise le 27 septembre 2025 par le satellite Copernicus Sentinel-2, diffusée par l'Union européenne sous le titre « Image du jour ».
👁️ The Richat Structure, the "Eye of the Sahara", a striking circular geological formation in 🇲🇷 Mauritania, is among the most distinctive landforms visible from space.
Captured by a #CopernicusEU #Sentinel2 on 27 Sept.
Learn more: https://t.co/X08lxpIhbH#ImageOfTheDay pic.twitter.com/pOXToYQQL0
— Copernicus EU (@CopernicusEU) October 4, 2025
Pendant des années, les scientifiques ont cru qu’il s’agissait d’un cratère d’impact : le bord surélevé et le centre plus déprimé semblaient indiquer l’explosion d’une ancienne météorite. Cependant, les investigations géologiques ont réfuté cette hypothèse. Aucune trace de roche en fusion ni de pic central, caractéristiques typiques d'un impact. Aujourd'hui, la communauté scientifique reconnaît la structure de Richat comme un dôme géologique érodé, formé par des processus internes de la Terre au Crétacé, il y a entre 145 et 66 millions d'années.
Les anneaux concentriques, visibles même depuis l'espace, sont composés d'une alternance de couches de roches sédimentaires et ignées. Les parties les plus tendres – grès et schistes – se sont érodées plus rapidement, tandis que les roches plus dures, comme les quartzites et les basaltes, ont résisté au temps et aux vents du désert, sculptant la forme circulaire qui fascine aujourd’hui les géologues et les observateurs. Certains anneaux centraux s'élèvent jusqu'à 80 mètres de haut, un relief à peine perceptible au sol mais extraordinairement net sur les images satellite.
Outre sa valeur scientifique, la structure Richat conserve des traces du passé humain. Dans cette zone, des outils acheuléens et préachereuléens ont été retrouvés, comme des haches en pierre, qui témoignent de la présence de communautés préhistoriques. Son emplacement isolé et reconnaissable a fait de l'Œil du Sahara un point de repère pour les pilotes pendant la Seconde Guerre mondiale, et le géographe français Jacques Richard-Molard l'a décrit pour la première fois en 1948, l'appelant « la boutonnière de Richat ».
L'image de la structure est devenue célèbre en 1965, lorsque les astronautes James McDivitt et Edward White, à bord de la mission Gemini 4, l'ont photographiée depuis l'espace. Depuis, il est devenu l’un des symboles de la capacité des satellites à décrire la Terre sous un nouvel angle. Aujourd’hui, grâce aux données du programme Copernicus, l’Œil du Sahara est surveillé en permanence, offrant de précieuses informations sur l’évolution des formations rocheuses et l’impact de l’érosion dans les régions reculées.
Bien que son origine naturelle soit désormais établie, la forme parfaite de la structure a alimenté de nombreuses théories alternatives, dont celle qui l'identifie à la mythique Atlantide de Platon. Mais les chercheurs sont d’accord : il n’existe aucune preuve pour étayer cette interprétation. L'Œil du Sahara reste une merveille géologique et non une relique de civilisations perdues.
Source : Copernicus.eu
